Société
Ces stylos anti-obésité changent des vies et sont enfin remboursés
Pour la première fois en France, deux traitements contre l’obésité sévère sont pris en charge par la Sécu. Une patiente de Valenciennes raconte comment ce…


Pour la première fois en France, deux traitements contre l’obésité sévère sont pris en charge par la Sécu. Une patiente de Valenciennes raconte comment ce remboursement bouleverse son quotidien et ouvre la voie à des milliers d’autres.
À 48 ans, Virginie a déjà perdu 30 kilos en un an grâce au Mounjaro, un médicament injectable. Mais jusqu’à présent, elle devait payer de sa poche entre 300 et 350 euros par mois. Sans emploi, elle n’aurait jamais pu assumer un tel coût. Aujourd’hui, avec le remboursement officiel qui démarre ce lundi, elle espère un vrai tournant dans sa vie. Ce n’est pas un simple soin pour elle, c’est une clé pour accéder à une opération vitale. Son indice de masse corporelle dépasse 60, très loin de la normale. Elle doit subir un bypass gastrique, une chirurgie lourde qui nécessite une perte de poids préalable pour réduire les risques. Le Mounjaro lui offre cette satiété quasi permanente dont elle avait besoin, sans frustration. Et elle n’est pas seule.
Dans le centre spécialisé de Valenciennes, l’annonce du remboursement a provoqué une déferlante de demandes. Les infirmiers se retrouvent débordés. Une cinquantaine d’appels par jour arrivent de patients qui veulent entrer dans le parcours. Le docteur Mihaela Moldovanu, endocrinologue, avait déjà anticipé cette ruine financière pour beaucoup. Elle a constitué une liste d’attente d’une quarantaine de personnes qui ne pouvaient pas payer. Ce sont elles qui seront rappelées en priorité. Car le remboursement ne concerne que les formes sévères d’obésité et uniquement dans des structures spécialisées. Pas question de l’utiliser comme un simple coup de pouce estival. Les soignants le rappellent avec force ce n’est pas une solution miracle pour se sentir bien en maillot de bain.
L’obésité est une maladie chronique, complexe, qui touche près d’un adulte sur cinq en France. Dans les Hauts-de-France, le taux monte à plus de 22%. Le docteur Guelareh Dezfoulian, chirurgienne, insiste sur la souffrance de ces patients et la nécessité d’un accompagnement durable. Les médicaments doivent s’intégrer dans un changement de comportement sur le long terme. Virginie l’a bien compris. Actuellement avec des béquilles, elle voit dans ce traitement un espoir concret pour sa mobilité. Après son opération, elle rêve avec son mari de partir découvrir le Japon. Un projet longtemps repoussé à cause de la maladie. Le remboursement ne fait pas tout, mais il ouvre la porte à une vie qu’elle n’osait plus espérer.
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