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Cuba met le turbo sur le libre marché 176 réformes pour sauver l’île de la crise

Fini le modèle unique Cuba vient d’adopter un paquet de mesures historiques pour ouvrir son économie aux entreprises privées et aux investisseurs…

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Cuba met le turbo sur le libre marché 176 réformes pour sauver l'île de la crise

Fini le modèle unique Cuba vient d’adopter un paquet de mesures historiques pour ouvrir son économie aux entreprises privées et aux investisseurs étrangers. Objectif sortir le pays du marasme économique sous pression maximale des États-Unis.

C’est un virage à 180 degrés que vient de prendre La Havane. Jeudi dernier, le gouvernement a validé un plan de 176 réformes économiques. C’est le plus grand bouleversement depuis l’arrivée du communisme il y a près de 70 ans. L’île est asphyxiée par une grave crise et la pression américaine ne faiblit pas. Alors pour redresser la barre, le pouvoir mise sur ce qu’il combattait jusqu’ici le secteur privé et les capitaux étrangers.

Jusqu’à présent, les petites et moyennes entreprises étaient limitées à 100 employés. Désormais, les grandes entreprises privées sont autorisées sans plafond de taille. Un Cubain peut même posséder plusieurs sociétés. Les investisseurs étrangers, eux, ne sont plus obligés de passer par des coentreprises avec l’État. Ils peuvent injecter de l’argent directement dans le privé. Pour faciliter la vie des entrepreneurs, la bureaucratie va être allégée. Côté public, les entreprises d’État vont être transformées en sociétés commerciales classiques. Et fini la grille salariale unique chaque société pourra négocier ses salaires en interne. La vente au détail et les transports, déjà largement aux mains des particuliers, devraient voir ce mouvement s’accélérer.

Les autres secteurs ne sont pas en reste. Dans l’énergie, le privé et l’étranger pourront désormais acheter et vendre du carburant, un vrai casse-tête chronique à Cuba. Des avantages fiscaux sont prévus pour les énergies renouvelables, comme les panneaux solaires qui explosent depuis deux ans face aux coupures. Côté immobilier, les Cubains de l’île et de l’étranger pourront acheter des bâtiments au cas par cas et acquérir des biens dans les zones touristiques. Pour le foncier agricole, la terre reste à l’État mais les privés pourront l’exploiter sans limite de durée pour l’agro-tourisme, le tabac ou la forêt. Enfin, le secteur bancaire s’ouvre lui aussi les particuliers et les entreprises pourront ouvrir des comptes en devises étrangères, une première. Les transferts d’argent des Cubains de l’étranger ne passeront plus uniquement par l’État et des bureaux de change privés vont voir le jour. Bref, Cuba fait sa mue à marche forcée pour tenter de respirer.

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