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Colombie le duel qui décide du cap du pays
Dimanche les Colombiens tranchent entre deux visions radicalement opposées. Entre répression militaire et poursuite des réformes sociales le pays est à la…


Dimanche les Colombiens tranchent entre deux visions radicalement opposées. Entre répression militaire et poursuite des réformes sociales le pays est à la croisée des chemins.
La violence ronge la Colombie depuis des mois. Des dirigeants communautaires sont assassinés, des civils meurent dans des attentats, l’armée est attaquée. Un candidat à la présidentielle a même été tué. Dans ce climat d’insécurité, beaucoup de Colombiens ne demandent qu’une chose de la fermeté. “Tout ce que je demande, c’est que le prochain président fasse preuve de fermeté”, confie un militaire à la retraite à Bogota. La campagne s’est jouée sur ce sentiment d’urgence sécuritaire.
Le second tour oppose deux hommes que tout sépare. Abelardo de la Espriella, surnommé “Le Tigre”, est un avocat d’affaires novice en politique. Il incarne la ligne dure contre les narcotrafiquants et les guérillas. Il promet des méga-prisons où les détenus seraient nourris “de pain et d’eau”, le bombardement des camps de production de cocaïne avec l’aide des États-Unis et d’Israël, et la suppression du tribunal issu de l’accord de paix avec les Farc. Son adversaire Ivan Cepeda est un sénateur de gauche, fils d’un homme politique communiste assassiné par des paramilitaires. Défenseur des droits humains, il veut poursuivre les réformes sociales du président sortant Gustavo Petro. Mais après le premier tour, il a accepté de revoir certains aspects de la politique de paix avec les groupes armés.
Ce scrutin agit comme un référendum sur le premier gouvernement de gauche de l’histoire du pays. Gustavo Petro termine son mandat avec une forte popularité chez les plus modestes grâce à la baisse du chômage et de la pauvreté, mais ses opposants lui reprochent d’avoir laissé prospérer les organisations criminelles. La polarisation est extrême. Abelardo de la Espriella, soutenu ouvertement par Donald Trump, qualifie ses adversaires de “vermine”. Ivan Cepeda prévient que la Colombie ne deviendra pas une “colonie” des États-Unis. Entre écologie menacée par la fracturation hydraulique et promesses de mains de fer, les Colombiens choisiront dimanche la direction qu’ils veulent donner à leur pays.
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