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Ces villes RN qui ferment le rideau sur la culture

Pièce annulée, festivals réduits, subventions supprimées : dans plusieurs communes gagnées par le Rassemblement national, le monde de la culture encaisse…

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Ces villes RN qui ferment le rideau sur la culture

Pièce annulée, festivals réduits, subventions supprimées : dans plusieurs communes gagnées par le Rassemblement national, le monde de la culture encaisse des coups durs. Un metteur en scène connu et des acteurs locaux sonnent l’alarme.

C’est une histoire qui commence par une brochure. Celle de la saison culturelle de Castres, dans le Tarn. Une ville qui a basculé à l’extrême droite en mars dernier. Dans cette brochure, une pièce était annoncée pour février 2027 : « Passeport », d’Alexis Michalik. Un récit qui suit le parcours d’exilés. Le spectacle était programmé, validé, imprimé. Puis il a été retiré sans préavis. Le maire RN, Florian Azéma, assume un désaccord politique, même sans avoir vu la pièce. Il parle de « promotion des clandestins » et d’un traitement des forces de l’ordre qui « ne correspond pas » à ses idées. L’artiste, lui, dénonce une décision qui empêche le public de juger par lui-même.

Le phénomène ne se limite pas à Castres. À La Flèche (Sarthe), la scène conventionnée Le Carroi a vu sa subvention municipale fondre de 71 000 euros sur 253 000. Conséquence directe : un festival de concerts gratuits a été annulé, et l’autre, celui de théâtre de rue, a survécu de justesse grâce aux compagnies, qui ont accepté d’être moins payées. Le directeur décrit un secteur « extrêmement fébrile ». À Vauvert (Gard), le maire RN a supprimé l’exposition d’un photographe local, qu’il juge « mélenchoniste », et coupé les subventions à une association de jazz. À Agde (Hérault), un festival de cinéma a perdu deux jours et des concerts gratuits ont été réduits. L’élu local invoque un « budget insincère » hérité, mais aussi la volonté de relancer une « fête traditionnelle » occitane.

Derrière ces décisions, les arguments varient entre économies et divergences idéologiques. Un député RN a même appelé à « en finir avec les pseudo-artistes qui font de la culture un instrument de propagande ». Dans plusieurs conseils municipaux, on justifie la coupe par la recherche d’une « culture plus populaire » et moins « élitiste ». Mais le premier syndicat des employeurs artistiques ne cache pas son inquiétude. Il dénonce des excuses qui masquent, selon lui, une volonté de « bâillonner » les artistes et d’appauvrir la diversité culturelle locale. Pendant l’été, il promet de sensibiliser le public et de surveiller les communes où il faudra peut-être porter l’affaire en justice.

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