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L’IA promise à tout changer reste encore un outil de bureau

Des milliards investis, des data centers qui poussent comme des champignons, mais l’intelligence artificielle n’a pas encore révolutionné notre quotidien.…

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L'IA promise à tout changer reste encore un outil de bureau

Des milliards investis, des data centers qui poussent comme des champignons, mais l’intelligence artificielle n’a pas encore révolutionné notre quotidien. À Lille, un sommet a tenté de répondre à la grande question comment faire passer l’IA des promesses aux bénéfices concrets pour tout le monde.

L’IA fait beaucoup parler d’elle. Pourtant, dans les faits, son usage reste timide. Elle trie des mails, suggère des réponses automatiques, mais ne bouleverse pas encore les métiers. Un dirigeant d’une startup spécialisée dans les agents intelligents le dit clairement l’IA n’est pas vraiment arrivée dans les gestes du quotidien. Son entreprise espère pourtant un jour réduire à presque rien le temps passé devant un écran dans certaines professions. Même constat chez les grands groupes de transformation numérique. Une entreprise sur cinq déclare utiliser l’IA, mais moins d’une sur vingt constate un impact réel sur ses résultats. Le parallèle avec l’arrivée de l’électricité au XIXe siècle est tentant. Une révolution en marche, oui, mais qui demandera des années de formation et de réapprentissage.

Les craintes pour l’emploi restent vives. Un sondage récent montre que près de deux Français sur trois utilisent désormais l’IA. Mais une majorité y voit toujours une menace. 46% réclament un encadrement plus strict. La ministre déléguée à l’IA évoque des métiers qui vont disparaître, tout en insistant sur les emplois qualifiés créés par les centres de données. 48 000 postes existent déjà en France dans ce secteur. Pourtant, le souvenir de l’arrivée d’internet est encore douloureux. Un président de groupe médias rappelle que ce grand saut technologique s’est mal passé pour beaucoup. L’IA soulève aussi des questions démocratiques. L’Europe veut une technologie éthique, sécurisée, respectueuse de l’environnement et de nos valeurs.

Le sommet de Lille veut déplacer le débat. Moins parler des infrastructures, plus des retombées concrètes emploi, santé, éducation, services publics. La région Hauts-de-France mise sur la transparence, notamment sur la consommation énergétique des data centers. Elle promet de réutiliser leur chaleur pour chauffer les villes. Le ministre de l’Éducation compare l’IA à l’invention de l’écriture. Une rupture majeure dans la technologie de la connaissance. Mais il met en garde elle risque de creuser les inégalités sociales, car sa qualité dépend de la précision des instructions données par l’utilisateur. Une fracture qui pourrait s’ajouter aux autres. Le président français a salué les investissements et appelé à penser l’évolution de l’IA pour qu’elle profite à tous.

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