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Cent jours de guerre au Moyen-Orient et le détroit d’Ormuz reste une poudrière

L’armée américaine annonce avoir abattu deux drones iraniens qui menaçaient le trafic maritime. Malgré une médiation pakistanaise active, les pourparlers…

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Cent jours de guerre au Moyen-Orient et le détroit d'Ormuz reste une poudrière

L’armée américaine annonce avoir abattu deux drones iraniens qui menaçaient le trafic maritime. Malgré une médiation pakistanaise active, les pourparlers de paix patinent et la vie quotidienne devient un cauchemar pour les populations.

Le conflit qui embrase le Moyen-Orient depuis le 28 février vient de franchir le cap des cent jours. Dans la nuit, les forces américaines ont détruit deux drones d’attaque iraniens à usage unique qui survolaient le détroit d’Ormuz, cette voie maritime stratégique par laquelle transite une grande partie du pétrole mondial. Le Commandement central américain (Centcom) a précisé que ces engins représentaient une menace directe pour le trafic international. Une nouvelle escalade qui intervient après une trêve pourtant respectée depuis le 8 avril. Mais les hostilités ont récemment repris, Téhéran verrouillant l’accès au détroit pour faire pression sur ses adversaires. Vendredi déjà, quatre autres drones avaient été abattus, et les Etats-Unis avaient frappé des radars côtiers iraniens. En représailles, l’Iran a tiré des missiles contre des bases américaines au Koweït et au Bahreïn, une escalade qualifiée de dangereuse par les alliés des États-Unis.

Sur le front diplomatique, rien ne semble avancer. Le Pakistan joue les médiateurs, et son ministre de l’Intérieur, Mohsen Naqvi, s’est rendu à Téhéran avec une lettre spéciale destinée au guide suprême Mojtaba Khamenei. Son contenu est un message très important, a-t-il dit, sans en révéler le moindre mot. Les discussions butent sur plusieurs dossiers. Téhéran exige que tout accord avec Washington inclue la fin des combats au Liban entre Israël et le Hezbollah. Les États-Unis veulent traiter ce sujet séparément. Par ailleurs, la question des avoirs iraniens gelés à l’étranger reste un point de crispation. Le Trésor américain envisagerait d’utiliser ces fonds pour indemniser les pays du Golfe des dégâts causés par les frappes iraniennes. De quoi tendre encore un peu plus l’atmosphère.

Pendant que les missiles et les drones s’échangent, la population paie un lourd tribut. À Téhéran, Farhad, un chef cuisinier de 35 ans, confie son sentiment d’impuissance. Il a l’impression que cette situation va durer, comme un état suspendu où chacun tire sur l’autre sans espoir de stabilité. Avant même cette guerre, la vie était déjà difficile, ajoute-t-il. Aujourd’hui, des choses qu’on aurait pu acheter il y a quelques mois sont devenues des rêves et des contes de fées. Et le conflit ne se limite pas au Moyen-Orient. Il s’invite même sur les terrains de football. L’Iran participe à la Coupe du Monde organisée par les États-Unis, le Mexique et le Canada. Mais plusieurs membres de son encadrement n’ont pas obtenu de visa américain. L’équipe dénonce un traitement discriminatoire, alors que ses matchs de groupe se joueront aux États-Unis. Un nouveau symbole de cette guerre qui n’en finit pas de s’étendre.

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