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Brice Hortefeux, l’homme à terre
L’ancien ministre de l’Intérieur a livré mardi un ultime plaidoyer poignant devant la cour d’appel de Paris, se disant « physiquement debout » mais « moralement à terre », alors que le procès en appel de l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 touche à sa fin.
L’ex-ministre, âgé de 67 ans, a pris la parole après que son avocate, Florence Bourg, a plaidé sa relaxe. Il a exprimé son épuisement moral face à une affaire qui le ronge depuis des années. « Vous avez devant vous un homme physiquement debout et moralement à terre », a-t-il déclaré, ajoutant être « à terre de voir l’engagement de sa vie soupçonné » et « son intégrité mise en cause ». Il a également évoqué l’incrédulité ressentie devant la nécessité de prouver sa sincérité.
Proche de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux est poursuivi pour une rencontre clandestine avec un dignitaire libyen, Abdallah Senoussi, en décembre 2005. Ce dernier avait été condamné en France à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir commandité l’attentat contre le vol DC-10 d’UTA en 1989, qui avait fait 170 morts, dont 54 Français. L’accusation voit dans cet entretien une étape clé d’un pacte de corruption présumé avec le régime de Mouammar Kadhafi, qui aurait financé la campagne de Nicolas Sarkozy en échange de contreparties, notamment un règlement de la situation pénale de Senoussi.
L’ancien ministre a reconnu des « erreurs d’appréciation » mais a fermement nié toute négociation de contreparties lors de ce face-à-face d’environ quarante minutes. Il a expliqué avoir été « piégé » par l’intermédiaire Ziad Takieddine et a affirmé ne pas avoir informé Nicolas Sarkozy de cette rencontre. Son avocate a dénoncé une « fable » construite par l’accusation, soulignant la « faiblesse probatoire absolue » du dossier et rappelant le principe du bénéfice du doute. « Est-ce qu’être l’ami de Nicolas Sarkozy, c’est un certificat d’infamie ? », a-t-elle interrogé, plaidant la loyauté et la fidélité de son client.
Le parquet général a requis quatre ans de prison, dont deux avec sursis, contre Brice Hortefeux pour association de malfaiteurs, et dix mois avec sursis contre Éric Woerth, l’ancien trésorier de campagne relaxé en première instance. L’avocat de ce dernier a qualifié le dossier de « lubie » et demandé la confirmation de sa relaxe, estimant que l’idée d’un financement libyen relève d’un « fantasme ». Les plaidoiries de la défense de Claude Guéant et de Nicolas Sarkozy doivent se poursuivre, la cour devant rendre son arrêt le 30 novembre.
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