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Beaufort 1982 la forteresse où 30 combattants ont tenu tête à Israël
En 1982, la prise de la forteresse de Beaufort par Israël a marqué un tournant dans l’invasion du Liban. Des décennies plus tard, d’anciens combattants…

En 1982, la prise de la forteresse de Beaufort par Israël a marqué un tournant dans l’invasion du Liban. Des décennies plus tard, d’anciens combattants palestiniens se souviennent de cette bataille qui a vu tous leurs camarades tués.
Quand le drapeau israélien est réapparu cet été sur la forteresse de Beaufort, Maïn al-Taher a brutalement replongé dans le passé. Cet homme de 74 ans, qui a combattu au sein de l’Organisation de libération de la Palestine, se remémore le 6 juin 1982 comme si c’était hier. Ce jour-là, la forteresse médiévale perchée sur une crête surplombant le sud du Liban et le nord d’Israël était devenue un enfer de feu sous les bombardements israéliens. Lui n’était pas sur place. Il venait d’être père à Beyrouth et tentait de rejoindre ses camarades quand sa voiture a été visée. Blessé, il a assisté de loin à ce qu’il décrit comme un bloc de feu. La trentaine de combattants du bataillon Jarmaq, un mélange de Palestiniens, de Libanais et de Yéménites, s’étaient retranchés dans les abris et les tranchées. Ils ont résisté plus de soixante heures avant de tous succomber. Pour Maïn al-Taher, cette bataille est entrée dans l’histoire comme un symbole de défi et de résilience.
Mohammed al-Qarout, un autre vétéran de l’OLP aujourd’hui âgé de 69 ans, collectionne encore des documents et des photos sur cette bataille. Sur l’un de ses clichés, on voit une longue échelle qu’il avait lui-même installée pour permettre aux combattants d’accéder à la forteresse après qu’elle a été endommagée en 1981. Une autre photo montre un groupe en tenue militaire saluant depuis les remparts. Lui aussi n’était pas sur place le 6 juin, mais dans la plaine de la Békaa. Il rappelle que malgré l’acharnement des assaillants, les défenseurs ont tenu plus de soixante heures avant d’être anéantis. Pour lui, cette résistance reste un exemple de courage face à une armée bien plus puissante.
La forteresse de Beaufort n’a jamais été un simple château. Construite au XIIe siècle, elle a toujours été un point stratégique convoité par les croisés, les armées musulmanes, puis par Israël. En 1982, l’objectif était clair repousser l’OLP loin de la frontière israélienne. Après la prise du site, le Premier ministre Menahem Begin et son ministre de la Défense Ariel Sharon s’y sont fait photographier triomphants. Israël l’a ensuite occupée pendant vingt ans, jusqu’à son retrait en 2000. Aujourd’hui, les Israéliens sont de retour, cette fois pour affronter le Hezbollah, un mouvement chiite soutenu par l’Iran. Maïn al-Taher compare les deux époques. Il estime que le Hezbollah a un avantage de taille combattre sur son propre territoire avec un soutien populaire que la résistance palestinienne n’a pas toujours eu. Mais il prévient le Hezbollah entre dans une phase de test difficile. Tout le Liban ne le soutient pas, et Israël pourrait exploiter les divisions internes du pays pour menacer son équilibre fragile.
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