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En Inde le parti des «cafards» attire des millions de jeunes en colère

Un juge a insulté les jeunes critiques en les traitant de «cafards». Cette étiquette est devenue un mouvement viral qui appelle à manifester ce samedi à…

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En Inde le parti des «cafards» attire des millions de jeunes en colère

Un juge a insulté les jeunes critiques en les traitant de «cafards». Cette étiquette est devenue un mouvement viral qui appelle à manifester ce samedi à New Delhi.

La capitale indienne se prépare à un rassemblement pas comme les autres. Les forces de l’ordre ont déployé des barricades en acier, des véhicules anti-émeutes et des fourgons de détention aux points stratégiques de Delhi. La raison de ce dispositif sécuritaire est une manifestation organisée par le «Cockroach Janata Party» (CJP), un nouveau mouvement politique né d’une insulte. Tout a commencé le mois dernier quand le président de la Cour suprême indienne, Surya Kant, a qualifié les jeunes qui critiquent le gouvernement de «cafards» et de «parasites» lors d’une audience. Il a ensuite précisé qu’il visait ceux qui utilisent de faux diplômes, mais le mal était fait.

Le nom du mouvement est une référence directe à cette déclaration et un clin d’œil au parti au pouvoir, le BJP de Narendra Modi. Son slogan «un front politique de la jeunesse, pour la jeunesse» a immédiatement explosé sur les réseaux sociaux. Malgré la censure stricte en Inde, où certains comptes du CJP ont déjà été bloqués, le mouvement compte plus de 22 millions d’abonnés sur Instagram. C’est bien plus que les 9 millions du BJP et les 13 millions du principal parti d’opposition, le Congrès. Un succès fulgurant pour une initiative lancée le 16 mai par un étudiant de 30 ans, Abhijeet Dipke, qui étudie à l’université de Boston et a travaillé comme stratège en communication politique pour un parti d’opposition.

Le fondateur est revenu des États-Unis samedi matin et a appelé ses partisans à se rassembler pour exiger la démission du ministre de l’Éducation Dharmendra Pradhan. Ce dernier est sous le feu des critiques à cause de fuites de sujets d’examen et de problèmes techniques qui minent le système éducatif. «L’avenir de la jeunesse indienne est en train d’être gâché», a écrit Dipke sur Instagram. Derrière ce mouvement satirique se cache un vrai ras-le-bol. Malgré une croissance économique rapide, des millions de jeunes Indiens peinent à trouver des emplois stables et bien rémunérés. Le CJP promet de mener son combat «avec amour et paix», mais la pression monte dans les rues de Delhi.

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