Société
Autoroute A69 le rapporteur public donne un avis favorable au chantier
Le magistrat chargé d’éclairer la décision du Conseil d’État estime que l’intérêt public majeur justifie de passer outre la protection des espèces. Les…


Le magistrat chargé d’éclairer la décision du Conseil d’État estime que l’intérêt public majeur justifie de passer outre la protection des espèces. Les opposants écologistes, qui contestent le projet depuis des années, ne comptent pas abandonner.
Le rapporteur public a recommandé ce lundi au Conseil d’État de rejeter les recours des associations environnementales contre l’autoroute A69. Selon lui, la raison impérative d’intérêt public majeur, condition clé pour déroger à la protection des espèces, est bien remplie. Son avis va dans le même sens que celui de la cour administrative d’appel de Toulouse, qui avait autorisé la poursuite des travaux fin 2024. Sauf que cette même cour était revenue sur une décision du tribunal administratif de Toulouse, lequel avait suspendu le projet en février 2025, estimant que cette fameuse raison impérative n’était pas établie. Le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative, doit maintenant trancher. Sa décision est attendue dans plusieurs semaines.
Le rapporteur public a insisté sur le fait que son rôle n’est pas de juger l’opportunité du projet, mais sa conformité à la loi. Il a souligné que l’intérêt public doit être mis en balance avec la conservation des espèces, sans que le nombre d’espèces protégées ou leur état de conservation n’entre en compte. Selon lui, l’A69 apporte un gain significatif en termes de temps, de sécurité et de confort pour les habitants du bassin Castres-Mazamet. Il a également rappelé que malgré une opposition forte, la majorité des collectivités locales soutiennent le projet. En face, les associations dénoncent une incohérence des pouvoirs publics, qui disent vouloir développer les mobilités douces tout en lançant un chantier routier jugé anachronique.
L’audience de ce lundi est une étape cruciale dans un combat juridique qui dure depuis le début des travaux en 2023. Les opposants ont multiplié les actions manifestations, grèves de la faim, occupations de zones à défendre pour tenter d’arrêter le chantier. Ils pointent du doigt la destruction de 157 espèces animales et la disparition de terres agricoles sur une cinquantaine de kilomètres. De leur côté, les promoteurs et le concessionnaire Atosca visent une ouverture en octobre prochain. Les travaux ont repris effectivement au début de l’été 2025. Pour les militants, cette audience montre que la mobilisation paye. Comme le résume l’un d’eux, si tout le monde avait baissé les bras, l’autoroute serait déjà en service. Le combat continue.
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