Société
CNews sommée de revoir sa copie pour manque de pluralisme
Le régulateur de l’audiovisuel a ordonné à la chaîne d’info de Vincent Bolloré de respecter davantage la diversité des opinions, après avoir constaté une…


Le régulateur de l’audiovisuel a ordonné à la chaîne d’info de Vincent Bolloré de respecter davantage la diversité des opinions, après avoir constaté une nette prédominance des thèses critiques sur l’immigration, l’islam et l’aide à l’Ukraine.
L’Arcom a mis en demeure CNews ce jeudi, une décision rare qui cible cette fois non pas les temps de parole politiques, mais le fond même des discours diffusés. Les services du régulateur ont passé au crible 168 heures des émissions phares de la chaîne, comme « L’Heure des Pros » ou « Punchline », diffusées en mars 2025. Leur constat est sans appel : un même filtre domine largement l’antenne, où l’immigration et l’islam sont systématiquement présentés comme une menace pour la société française, tandis que l’action du gouvernement et de l’Union européenne est vivement critiquée. Les opinions divergentes, elles, sont souvent contredites ou caricaturées.
Cette mise en demeure répond à une saisine de Reporters sans frontières, qui dénonçait depuis des mois un parti pris favorable à l’extrême droite. Pour la première fois, l’Arcom utilise un pouvoir élargi par le Conseil d’État en 2024 : contrôler le pluralisme des courants de pensée, et pas seulement celui des partis politiques. Le régulateur pointe aussi un traitement très orienté de la guerre en Ukraine, où les aides financières à Kiev sont remises en cause au profit de priorités intérieures, et où les déclarations du gouvernement sont jugées alarmistes.
CNews conteste fermement les griefs et annonce un recours devant le Conseil d’État, au nom de la liberté d’expression. De son côté, RSF promet de saisir à nouveau l’Arcom en cas de récidive. Et alors que la présidentielle de 2027 approche, le régulateur instaurera dès la rentrée une veille sur le pluralisme de toutes les chaînes d’info de la TNT. La pression monte sur un groupe médiatique qui, entre CNews, le JDD et Europe 1, est régulièrement accusé de faire la part belle à la droite radicale.
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