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Au Venezuela, sous les décombres du double séisme, des familles appellent à l’aide

Un double tremblement de terre d’une violence inédite a frappé le Venezuela, causant au moins 164 morts et près d’un millier de blessés. Dans les…

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Au Venezuela, sous les décombres du double séisme, des familles appellent à l'aide

Un double tremblement de terre d’une violence inédite a frappé le Venezuela, causant au moins 164 morts et près d’un millier de blessés. Dans les décombres, des habitants désespérés tentent de sauver leurs proches avec leurs seules mains.

Jeudi, le pays se réveille dans un cauchemar de béton et de poussière. Les secousses de magnitude 7,2 puis 7,5 ont rasé des immeubles entiers, surtout dans la région de La Guaira, au nord de Caracas. L’aéroport international de Maiquetia, pourtant vital, est fermé, ses infrastructures trop endommagées. À Catia la Mar, ville côtière, plusieurs bâtiments se sont effondrés comme des châteaux de cartes. Des habitants, hagards, fouillent les gravats à mains nues pour retrouver les leurs. Antonio Bermudez raconte entendre une voix sous les pierres. Une jeune femme prénommée Jennifer, bloquée au onzième étage, lui répond. Mais il n’a aucun outil pour la dégager. Lisbeth Vazquez, elle, a eu la chance de s’enfuir avec sa famille alors que son immeuble s’enfonçait dans le sol. Des voisins des étages inférieurs sont toujours prisonniers. « C’était terrifiant », souffle-t-elle. Ailleurs, Larry Rojas, 49 ans, regarde un tas de décombres où gisent des proches. Il n’a plus la force d’y entrer. Dani Rizo implore une pelleteuse pour sortir une petite fille coincée depuis la veille. Jean Alexander Capote a perdu sa belle-mère et cherche sa fille disparue. « De l’aide rapidement », supplie-t-il.

Les deux séismes se sont produits mercredi à 18h04, à seulement 39 secondes d’intervalle. Le premier, de magnitude 7,2, a frappé à 21,9 km de profondeur, à environ 200 km à l’ouest de Caracas. Le second, plus puissant, de magnitude 7,5, a été enregistré à seulement 10 km de profondeur, à 45 km de là. Selon les données disponibles, c’est le plus fort tremblement de terre au Venezuela depuis 1900. Une vingtaine de répliques ont suivi, semant la panique. À Caracas, des immeubles se sont effondrés, les rues sont jonchées de débris de verre. Beaucoup de gens ont passé la nuit dehors, dans leur voiture, tremblant à chaque nouvelle secousse. Des coupures d’électricité sont signalées, et le ministre de l’Intérieur a ordonné la coupure du gaz pour éviter des accidents. Jeudi matin, quasiment aucun commerce n’est ouvert. La circulation est dense : les habitants cherchent à fuir les bâtiments fragilisés. À chaque réplique, des cris s’élèvent. Des attroupements se forment autour des immeubles écroulés, certains observent les secouristes, d’autres crient pour localiser les disparus sous la pierraille.

L’aide internationale commence à s’organiser. Le chef de l’aide humanitaire de l’ONU, Tom Fletcher, prévient que l’effort collectif devra être massif. Il rappelle que déjà, avant cette catastrophe, près de 8 millions de Vénézuéliens avaient besoin d’aide humanitaire. « Cette catastrophe risque d’aggraver des vulnérabilités déjà existantes », insiste-t-il. Un soutien international durable est essentiel et urgent. Les États-Unis ont promis une réponse importante et rapide, avec du matériel et des secouristes. La Chine, l’Inde, l’Iran, lui-même frappé par des tremblements de terre, ainsi que de nombreux pays d’Europe et d’Amérique latine, ont proposé des équipes de recherche et du matériel médical. La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a déclaré l’état d’urgence et annoncé que l’aéroport militaire de La Carlota, dans Caracas, servirait à acheminer l’aide internationale. Dans le pays, le bilan provisoire s’élève à 164 morts et 971 blessés. Mais les scènes de désolation laissent craindre un chiffre bien plus lourd. Le séisme a été ressenti jusqu’en Colombie, à Bogota pourtant à 1 000 km, et dans plusieurs villes du nord du Brésil. En 1997, un tremblement de terre à Cariaco avait fait 73 morts. En 1967, un séisme à Caracas en avait tué 236. Cette fois, le Venezuela affronte une catastrophe d’une ampleur inégalée.

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