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Gdansk scelle une trêve entre Varsovie et Kiev sur fond de guerre

La Pologne et l’Ukraine enterrent provisoirement leurs querelles historiques pour se concentrer sur la reconstruction du pays en guerre. Un geste…

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Gdansk scelle une trêve entre Varsovie et Kiev sur fond de guerre

La Pologne et l’Ukraine enterrent provisoirement leurs querelles historiques pour se concentrer sur la reconstruction du pays en guerre. Un geste diplomatique fort, appuyé par des milliards d’euros européens.

Les sourires et les poignées de main ont remplacé les tensions ces derniers jours à Gdansk. Jeudi, le Premier ministre polonais Donald Tusk et sa homologue ukrainienne Ioulia Svyrydenko ont ouvert la cinquième conférence sur la reconstruction de l’Ukraine sur un ton résolument apaisé. Pourtant, quelques semaines plus tôt, les relations entre les deux voisins étaient au plus bas depuis le début de la guerre. En cause, une décision controversée de Kiev de baptiser une unité militaire du nom de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA), une organisation nationaliste de la Seconde Guerre mondiale tenue pour responsable de la mort de plus de 100 000 Polonais. Le président polonais nationaliste Karol Nawrocki avait même annoncé retirer à Volodymyr Zelensky sa plus haute distinction, l’Ordre de l’Aigle blanc. Mais à Gdansk, les deux camps ont choisi de regarder vers l’avenir.

Donald Tusk, pourtant un fervent soutien de l’Ukraine, a appelé à construire sur « la vérité, le respect mutuel et la compréhension de l’Histoire ». Il a comparé la renaissance de Gdansk, rasée pendant la Seconde Guerre mondiale et aujourd’hui prospère, à celle qui attend l’Ukraine. Ioulia Svyrydenko, qui remplaçait Zelensky absent, a salué la volonté polonaise de « construire un avenir commun ». « Vous êtes ici chez vous », a lancé Tusk à sa collègue. Un message qui vise aussi à rassurer les entreprises polonaises présentes à la conférence. Car les affaires ne doivent pas pâtir des différends politiques. Michał Rzepnikowski, de la société Endolink, qui exporte des prothèses en Ukraine, l’affirme : « Du point de vue des entreprises, nous ne voyons aucun problème ». Selon lui, les deux parties savent que ce n’est pas une priorité en temps de guerre.

La conférence de Gdansk, qui réunit dirigeants et investisseurs jusqu’à vendredi, est avant tout une vitrine pour la reconstruction ukrainienne. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé le premier versement de 3,2 milliards d’euros dans le cadre du prêt européen de 90 milliards. Un signal fort pour montrer que l’Europe ne lâche pas l’Ukraine. Mais au-delà des annonces, le défi est de convaincre les investisseurs privés. L’Ukraine a besoin de centaines de milliards de dollars pour se relever, alors que la guerre s’enlise et que les pourparlers de paix piétinent. Le directeur du Centre de stratégie économique à Kiev résume l’urgence : « Il sera impossible de défendre le pays sans mener la reconstruction en parallèle ». Il faut fournir des services essentiels et des logements aux Ukrainiens qui restent et paient des impôts. Même un soldat revenu du front, Valeri Chirokov, s’est déplacé à la conférence, affirmant voir des « avancées » et regarder l’avenir avec optimisme. Reste à savoir si cet élan de bonne volonté survivra aux prochaines polémiques.

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