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« On n’a même pas la force d’entrer là-dedans » : au Venezuela, des sinistrés du séisme réclament des secours
Des centaines de Vénézuéliens passent la nuit à la belle étoile, sans eau ni électricité, après un double séisme historique. De nombreux habitants…


Des centaines de Vénézuéliens passent la nuit à la belle étoile, sans eau ni électricité, après un double séisme historique. De nombreux habitants appellent au secours, alors que des immeubles entiers se sont écroulés et que des proches restent ensevelis.
Yilsmaris Blanco a 39 ans et elle n’oubliera jamais ce moment. Debout face à ce qui fut son quartier, elle répète comme une litanie : « C’était terrible. Tout s’est effondré. Tout. » Autour d’elle, à Catia la Mar, des bâtiments ne sont plus que des monticules de gravats. La zone côtière de La Guaira, à quarante minutes au nord de Caracas, a été la plus durement frappée par les deux puissants séismes qui ont fait plus de 160 morts et près d’un millier de blessés. Les secouristes travaillent sans relâche dans le noir, mais les moyens manquent cruellement. « Nous remercions Dieu d’être en vie, mais tant de personnes souffrent. Des proches sont ensevelis, écrasés, et on ne peut pas les sortir », lâche Yilsmaris, le regard vide.
Dans les décombres, des familles crient les prénoms de leurs disparus. « Antonio ! Tania ! » Certains ont réussi à récupérer des corps, comme cette famille qui charge un homme et une femme dans le coffre d’un pick-up. Lisbeth Vasquez, 37 ans, a pu s’extraire de son immeuble effondré avec les siens. « Des voisins des étages inférieurs sont encore en dessous. On essaie de les dégager, mais ce qu’il nous faut, c’est de l’aide », implore-t-elle. Les sauveteurs locaux sont débordés. José Pacheco, chef des opérations du Groupe de sauvetage uni du Venezuela, a trois décennies d’expérience. « Je n’ai jamais vu ça. Les structures sont totalement effondrées. Nous avons besoin d’équipements techniques, de renforts depuis Caracas », supplie-t-il en comptant quatorze immeubles endommagés autour de lui.
L’électricité a été coupée dans une grande partie de la zone. Dans la pénombre, des centaines d’habitants restent dehors, terrorisés à l’idée de nouvelles répliques. Certains courent avec des lampes torches, d’autres cherchent un abri. Les portes d’une pharmacie sont détruites, les rayons vides. Impossible de savoir s’il y a eu des pillages. Assis contre un mur, Antonio Bermúdez tente de bouger sa jambe paralysée après la chute d’une dalle. Il raconte son calvaire d’une voix blanche : « J’étais dans mon salon. J’ai cherché refuge sous une colonne. Ça tremblait de plus en plus fort. Je me suis accroché au mur, et l’immeuble a commencé à tomber. » Autour de lui, des rescapés réclament de l’eau. « Nous n’avons rien, même pas de quoi boire », souffle Larry Rojas, 49 ans, qui a perdu son logement. Et d’ajouter, désespéré : « Qu’on envoie des machines pour dégager les décombres. C’est ça dont on a besoin. »
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