Monde
Asphyxiée par les barrages, la Bolivie se tourne vers l’armée
Depuis plus d’un mois, les blocages paralysent le pays et provoquent des pénuries dramatiques. Le président Rodrigo Paz propose de renforcer le rôle de…


Depuis plus d’un mois, les blocages paralysent le pays et provoquent des pénuries dramatiques. Le président Rodrigo Paz propose de renforcer le rôle de l’armée, une décision qui divise profondément la population.
La Bolivie est à genoux. Depuis 34 jours, des barrages routiers menés par des ouvriers, mineurs, transporteurs et enseignants asphyxient le pays. À La Paz, siège du gouvernement, les rayons des magasins se vident. Sur les marchés, le prix de la viande et des légumes a doublé. Les gens font la queue pendant des heures pour acheter un poulet, dans une cohue indescriptible. Pire encore, sept personnes sont mortes faute d’avoir pu recevoir des soins médicaux à temps, bloquées par les manifestations.
Face à cette situation, le président Rodrigo Paz a décidé de monter d’un cran. Il a présenté au Parlement un projet de loi qui vise à renforcer l’action des forces armées. L’objectif officiel est humanitaire permettre l’acheminement des biens essentiels. Mais beaucoup y voient une dérive autoritaire. Le président évoque la possibilité de décréter un état d’exception, ce qui lui permettrait de restreindre les libertés de réunion et de circulation. Le Parlement a d’ailleurs déjà abrogé une loi qui l’obligeait à obtenir son accord pour prendre une telle mesure.
Les réactions dans la population sont contrastées. Certains, comme la styliste Olga Villanueva, estiment que les manifestations ont assez duré et qu’il faut un état d’exception. D’autres, comme le commerçant Agustin Calcinas, redoutent une escalade violente. « Il y aura des morts », prévient-il. Pendant ce temps, les hôpitaux sont sous pression, la région de La Paz a déclaré l’état d’urgence sanitaire. Et dans les rues, les ordures s’accumulent, les automobilistes campent sous des tentes devant les stations-service pour obtenir du carburant, alors que les températures descendent sous zéro la nuit. Le gouvernement accuse l’ancien président Evo Morales d’être derrière le mouvement, mais la colère est générale contre l’impuissance des autorités.
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