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Après l’attentat raciste de Trappes, la rue dit non à la haine

À Lyon, Marseille et Paris, des rassemblements ont rendu hommage aux victimes de l’attentat raciste de Trappes. Les prises de parole ont dénoncé la…

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Après l'attentat raciste de Trappes, la rue dit non à la haine

À Lyon, Marseille et Paris, des rassemblements ont rendu hommage aux victimes de l’attentat raciste de Trappes. Les prises de parole ont dénoncé la banalisation de la haine et appelé à ne rien lâcher face à l’extrême droite.

À Lyon, le rassemblement s’est tenu devant la mairie. Grégory Doucet, maire écologiste de la ville, a placé la responsabilité au centre de son propos. Celui qui tue répond de son crime, a-t-il souligné, mais ceux qui banalisent la haine ne peuvent pas s’exonérer de la leur. Il a appelé à refuser que la haine devienne une opinion comme une autre. Une minute de silence a suivi.

Agnès Maemblé, représentante du mouvement citoyen Lyon respirable-faisons PACTE, a pris la parole entourée de deux jeunes femmes qui brandissaient des pancartes La négrophobie tue. Elle a expliqué que la peur née après l’attentat du Bataclan prenait pour elle une dimension plus intime, celle d’être visée parce qu’elle est noire. Ses mots ont été très applaudis. La foule a ensuite scandé des slogans antifascistes et hostiles au Front national sous une banderole L’extrême droite tue.

À Marseille, le Vieux Port a accueilli le rassemblement. Awa Kone, mère de famille venue avec ses enfants, a dit se sentir personnellement concernée comme personne noire, arabe et française. Une voix a lancé sous les applaudissements que l’assassin avait été armé par des médiatico-politiques. Imrane Trocmé, élu local LFI, a estimé qu’il n’était pas possible de continuer à entendre des paroles racistes libérées en continu sur les chaînes d’information. Myriam Benahmed, militante antiraciste et décoloniale, a contesté la lecture d’Emmanuel Macron, qui parle d’un tournant et d’une exception. Elle a rappelé que ce n’était pas la première fois et que beaucoup n’en pouvaient plus.

À Paris, environ 3 000 personnes se sont massées dans le nord de la capitale derrière des pancartes Non à la haine de l’autre, oui à la démocratie. Raphaël Glucksmann, candidat social-démocrate à la présidentielle, et Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste, étaient présents. Paul Levy, membre du Réseau d’actions contre l’antisémitisme et tous les racismes, a dit vouloir dénoncer un assassinat raciste odieux. Il a insisté sur l’importance de se mobiliser alors que l’extrême droite est aux portes du pouvoir.

Dereck Zaté, assistant administratif, a jugé violent ce qui s’est produit à Trappes et a estimé que les tensions montaient avec l’actualité politique. Pour lui, il faut s’élever contre cela et se mobiliser avant que d’autres cas similaires n’arrivent. Kadiatou Coulibaly, conseillère de Paris et adjointe au maire du 18e arrondissement, a expliqué qu’il était important de montrer aux personnes racisées qu’elles n’étaient pas seules et que l’extrême droite ne leur faciliterait pas la tâche si elle prenait le pouvoir. D’autres villes ont accueilli des rassemblements comparables.

L’attaque de Trappes a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d’origine africaine, et a fait cinq blessés graves. Au moins quatre d’entre eux portent des noms à consonance africaine ou maghrébine. Kévin T., 39 ans, auteur présumé, est suivi pour une schizophrénie. Des analyses sanguines ont mis en évidence du cannabis et de la cocaïne.

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