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16 victoires contre Ebola le même scientifique prêt pour la 17e
À 84 ans, Jean-Jacques Muyembe dirige la riposte contre la nouvelle épidémie en RDC. Celui qui a participé à la découverte du virus en 1976 assure que le…


À 84 ans, Jean-Jacques Muyembe dirige la riposte contre la nouvelle épidémie en RDC. Celui qui a participé à la découverte du virus en 1976 assure que le pays saura encore gagner.
La 17e épidémie d’Ebola frappe la République démocratique du Congo. Depuis mai, 808 personnes ont été contaminées et 192 sont mortes, soit un taux de létalité de 24%. Cette fois, le virus en cause est le Bundibugyo, contre lequel il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique. Les vaccins disponibles ne fonctionnent que contre le virus Zaïre. Pourtant, le professeur Muyembe ne perd pas son calme. « On a toujours gagné la bataille d’Ebola », dit-il. Selon lui, la clé reste les mesures de santé publique comme l’isolement des malades et le traçage des cas contacts. La RDC a déjà vaincu 15 épidémies sans vaccin, puis une 16e grâce aux premiers traitements développés entre 2018 et 2019.
Jean-Jacques Muyembe connaît ce virus mieux que personne. En 1976, jeune épidémiologiste de retour de Belgique, il est envoyé dans le village de Yambuku pour enquêter sur une maladie mystérieuse. Il prélève du sang sur une religieuse sans gants, sans blouse, sans masque. « Quand j’ai enlevé l’aiguille, mes doigts étaient souillés de sang », raconte-t-il. L’échantillon part en Belgique où le docteur Peter Piot isole pour la première fois le futur virus Ebola. Aujourd’hui, Muyembe admet avoir couru le plus grand risque de sa vie. Des années plus tard, en 1995, lors d’une épidémie à Kikwit, il a l’idée de traiter huit malades avec du sang de convalescent. Sept survivent. Cette approche mène finalement à Ebanga, le premier traitement antiviral homologué en 2020 pour combattre Ebola.
La RDC est particulièrement vulnérable aux épidémies venues des animaux. La déforestation, le changement climatique et la biodiversité du pays poussent les populations à s’enfoncer en forêt où elles croisent des porteurs du virus. Le mpox, ancienne variole du singe, a aussi fait 198 morts en Afrique en 2025. Malgré ces défis, Muyembe reste fier du chemin parcouru. « J’ai participé à l’identification du virus et au traitement, qu’est-ce qu’on peut encore faire dans la vie ? » lance le scientifique. Il se réjouit que des chercheurs africains et des instituts de haut niveau soient aujourd’hui en première ligne de la recherche médicale sur le continent.





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