Europe
Zelensky tourne le dos à la conférence de Gdansk
Volodymyr Zelensky ne se rendra pas en Pologne pour un sommet international consacré à la reconstruction de son pays. Une absence qui en dit long sur les…


Volodymyr Zelensky ne se rendra pas en Pologne pour un sommet international consacré à la reconstruction de son pays. Une absence qui en dit long sur les tensions ravivées entre Kiev et Varsovie autour d’un chapitre douloureux de la Seconde Guerre mondiale.
La délégation ukrainienne sera finalement conduite par la Première ministre Ioulia Svyrydenko. Le rendez-vous annuel, qui se tient jeudi et vendredi dans la ville portuaire de Gdansk, devait réunir politiques et chefs d’entreprise européens autour du financement de la reconstruction après l’invasion russe. Mais depuis plusieurs semaines, la mémoire de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) s’invite dans les débats et prend le pas sur l’économie.
Tout est parti d’une décision de Volodymyr Zelensky fin mai. Il a baptisé une unité militaire du nom de l’UPA, cette organisation nationaliste créée en 1942. En Pologne, on lui attribue la mort de plus de 100 000 Polonais, et ses actions sont considérées comme un nettoyage ethnique, voire un génocide. En Ukraine, en revanche, l’UPA est surtout célébrée pour son combat contre le pouvoir soviétique, un récit qui a pris une force particulière depuis le début de la guerre avec la Russie. Le président nationaliste polonais Karol Nawrocki a donc annoncé qu’il retirait à Zelensky l’Ordre de l’Aigle blanc, la plus haute distinction du pays. En réponse, le président ukrainien a renvoyé sa décoration ce week-end, imité par plusieurs de ses prédécesseurs dans une rare démonstration d’unité politique.
La conférence sur la reconstruction était pourtant un symbole fort. Varsovie espérait y montrer son rôle de voisin et d’allié indéfectible de Kiev, tout en positionnant ses entreprises pour les chantiers à venir. Mais les rancœurs historiques compliquent la donne. Volodymyr Zelensky accuse des responsables polonais de chercher des points politiques et d’attiser un climat anti-ukrainien, alors que le pays accueille plus d’un million et demi d’Ukrainiens et a connu plusieurs incidents récents. De son côté, le Premier ministre polonais Donald Tusk, soutien de Kiev mais en conflit permanent avec Nawrocki, appelle à la désescalade tout en renvoyant la responsabilité première sur l’Ukraine. Zelensky rétorque que ses soldats défendent aussi la Pologne et l’Europe face à la Russie, et que ce n’est pas à lui de dicter les noms qu’ils choisissent pour leurs unités.
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