Europe
Peter Magyar sort le tapis rouge à Bruxelles pour débloquer 16 milliards d’euros
Le nouveau Premier ministre hongrois fait voter des lois anti-corruption et une réforme des médias, conditions posées par l’UE pour libérer des fonds…


Le nouveau Premier ministre hongrois fait voter des lois anti-corruption et une réforme des médias, conditions posées par l’UE pour libérer des fonds gelés. Un test grandeur nature pour celui qui promet un « changement de régime » après 16 ans de règne Orban.
C’est un vote à haut risque pour l’avenir économique de la Hongrie. Les députés doivent approuver ce mardi un paquet de mesures destinées à lutter contre la corruption et à réformer les médias publics. Objectif affiché : convaincre l’Union européenne de débloquer plus de 16 milliards d’euros, actuellement gelés en raison des dérives constatées sous l’ancien gouvernement de Viktor Orban. Le nouveau Premier ministre Peter Magyar, à la tête d’une large majorité des deux tiers, a les coudées franches pour faire passer ces textes sans opposition.
Concrètement, la loi renforce le pouvoir de l’Autorité pour l’intégrité, un organe anti-corruption créé en 2022 mais resté inopérant. Désormais, elle pourra contrôler les déclarations de patrimoine des responsables politiques, demander des enquêtes judiciaires et suspendre des appels d’offres pour protéger les fonds européens. Le texte impose aussi plus de transparence sur les fonds d’investissement et ordonne la dissolution des fondations KEKVA, qui géraient 8,5 milliards d’euros d’actifs publics sous Orban. L’État récupère la main, et les omissions volontaires dans les déclarations de patrimoine deviennent passibles de sanctions pénales.
Parallèlement, le Parlement doit adopter une réforme des médias, accusés d’avoir été transformés en outils de propagande par l’ancien régime. Le projet prévoit la création d’une chaîne de télévision et d’une radio publiques, et redonne à l’agence de presse MTI un statut indépendant sans but lucratif. Les budgets, drastiquement réduits, passeront sous contrôle parlementaire, et les directions seront renouvelées via un appel à candidatures. Mais la méthode employée, avec des procédures accélérées et des délibérations en urgence, suscite déjà des critiques. Certains y voient une continuité troublante avec les pratiques autoritaires d’Orban, alors que le gouvernement Magyar promettait une rupture.
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