Nous rejoindre sur les réseaux

Monde

Zelensky renvoie sa plus haute distinction polonaise, les tensions historiques s’enveniment

Le président ukrainien a annoncé avoir restitué l’Ordre de l’Aigle blanc à la Pologne, après que son homologue polonais a décidé de le lui retirer. Une…

Article

le

Zelensky renvoie sa plus haute distinction polonaise, les tensions historiques s'enveniment

Le président ukrainien a annoncé avoir restitué l’Ordre de l’Aigle blanc à la Pologne, après que son homologue polonais a décidé de le lui retirer. Une dispute autour de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale relance les fractures entre deux alliés face à la Russie.

Volodymyr Zelensky a pris la parole sur les réseaux sociaux ce samedi pour expliquer son geste. Il a précisé que cette décoration, reçue en 2023, était avant tout un hommage au peuple ukrainien et à son armée. L’Ukraine, a-t-il ajouté, reste ouverte au dialogue avec la Pologne pour éviter « des interprétations contradictoires des chapitres difficiles et douloureux de notre passé commun ». En clair, il ne ferme pas la porte, mais il marque un coup d’arrêt.

La veille, le président polonais Karol Nawrocki avait annoncé le retrait de cette distinction à Zelensky. Motif de sa colère. Fin mai, le chef d’État ukrainien a décidé de donner le nom de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) à une unité militaire. Or, pour Varsovie, l’UPA est une organisation nationaliste responsable de la mort de plus de 100 000 Polonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Nawrocki s’est dit « indigné ». Il a aussi précisé que sa décision ne visait pas le peuple ukrainien et ne remettait pas en cause l’orientation stratégique de la Pologne.

Les réactions ukrainiennes ne se sont pas fait attendre. Le ministre des Affaires étrangères Andriï Sybiga a annoncé qu’il rendait sa propre décoration polonaise, l’Ordre du mérite de la République de Pologne. Il a dénoncé des « mesures injustifiées, impulsives et méprisantes » de la part de Varsovie, parlant d’une « escalade inutile ». Le chef de l’administration présidentielle ukrainienne, Kyrylo Boudanov, a suivi le mouvement. Il a même accusé la Pologne de faire un « cadeau à l’agresseur moscovite ». De son côté, le Premier ministre polonais Donald Tusk, pourtant un fervent soutien de l’Ukraine, a tweeté que ce conflit entre les deux pays ne faisait que réjouir Poutine et choquer leurs alliés.

Derrière cette crise diplomatique, c’est toute une mémoire douloureuse qui resurgit. L’UPA a combattu l’Armée rouge et la résistance polonaise, tout en tuant des civils polonais et juifs. Parfois alliée aux nazis, parfois ennemie, elle est vue en Pologne comme l’auteur d’un nettoyage ethnique. L’Ukraine reconnaît les massacres mais refuse le terme de génocide. Karol Nawrocki, arrivé au pouvoir en 2025, n’a jamais caché ses critiques envers Kiev, notamment sur l’adhésion à l’Otan et à l’UE. La Pologne fait désormais de la résolution de ce contentieux historique une condition implicite à son soutien. Un terrain glissant, en pleine guerre contre la Russie.

À lire aussi

Click to comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les + Lus