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Ethiopie une journaliste enfermée pour ses vidéos sur les violences en Oromia

Salsawit Baynesagn est détenue sans inculpation depuis le 8 juin. Sa famille affirme qu’elle a été arrêtée pour avoir critiqué le gouvernement sur les…

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Ethiopie une journaliste enfermée pour ses vidéos sur les violences en Oromia

Salsawit Baynesagn est détenue sans inculpation depuis le 8 juin. Sa famille affirme qu’elle a été arrêtée pour avoir critiqué le gouvernement sur les réseaux sociaux.

Le 8 juin, à son domicile d’Addis-Abeba, la journaliste Salsawit Baynesagn a été arrêtée. Depuis, elle est détenue sans aucune charge retenue contre elle. Ses proches n’ont pas pu la voir pendant les premiers jours. Elle a été transférée au siège de la police après deux jours dans un centre de détention provisoire. Pour sa famille, son seul tort est d’avoir publié des vidéos sur les réseaux sociaux où elle pointait du doigt le gouvernement et le silence de l’opinion face aux violences récentes dans la région d’Oromia.

Début juin, au moins 11 civils ont été tués dans l’État d’Oromia, l’une des régions les plus peuplées d’Éthiopie. Des témoins évoquent des hommes armés. Les autorités fédérales accusent un groupe rebelle, l’Armée de libération oromo, sans donner de bilan précis. La journaliste a osé briser le silence sur ces événements. Résultat elle a été placée derrière les barreaux. Cette affaire illustre le durcissement du régime du Premier ministre Abiy Ahmed, arrivé au pouvoir en 2018 avec des promesses d’ouverture. Aujourd’hui, l’Éthiopie recule dans les classements mondiaux de la liberté de la presse elle est 148e sur 180, soit trois places de moins qu’il y a un an.

Salsawit Baynesagn n’est pas la seule à subir cette répression. Début juin, une journaliste française a été expulsée du pays. En février, un média indépendant a perdu sa licence pour avoir soi-disant porté atteinte aux intérêts nationaux. En avril, son rédacteur en chef a été enlevé par des hommes masqués dans sa salle de rédaction et retenu au secret pendant deux semaines. Des organisations de défense des droits humains dénoncent une pression croissante sur les voix indépendantes. Elles réclament la libération immédiate de Salsawit Baynesagn et le respect des procédures judiciaires.

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