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Violences en live les streamers Naruto et Safine attendent la sentence

Ce mercredi, le tribunal de Nice doit dire si les deux animateurs ont transformé leurs directs en calvaire pour deux hommes vulnérables. Le parquet a…

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Violences en live les streamers Naruto et Safine attendent la sentence

Ce mercredi, le tribunal de Nice doit dire si les deux animateurs ont transformé leurs directs en calvaire pour deux hommes vulnérables. Le parquet a réclamé de la prison ferme et une interdiction de publier à vie.

L’affaire avait ébranlé la planète streaming. L’été dernier, un homme de 46 ans, connu sous le pseudo Jean Pormanove, était retrouvé inerte sous son drap pendant un live diffusé sur Internet. Sa mort à l’écran avait provoqué une onde de choc dans le monde entier. Mais ce volet-là a été classé sans suite après autopsie. Ce mercredi, le tribunal correctionnel de Nice se concentre sur autre chose. Deux streamers, Naruto et Safine, sont jugés pour les violences et les humiliations infligées à cet homme et à un autre, Stéphane G., dit Coudoux, quadragénaire placé sous curatelle.

Pendant des milliers d’heures de direct, entre 2023 et 2025, sur Twitch puis Kick, les images montrent des gifles, des coups de pied, des coups de fouet ou de batte de baseball. JP reçoit des œufs frais sur la tête, des seaux d’eau, des insultes, le tout sur un petit air moqueur intitulé « JP veut pas d’ça ». Pour la procureure Maud Marty, ce n’est pas un simple dérapage. C’est un système de maltraitance humaine organisé, où la violence constitue le programme et le scénario. Elle a requis trente mois de prison dont un an ferme à domicile sous bracelet électronique et 30 000 euros d’amende contre Naruto, de son vrai nom Owen Cenazandotti, 27 ans. Pour Safine Hamadi, 24 ans, elle a demandé dix-huit mois avec sursis probatoire et 15 000 euros d’amende. Les deux hommes risquent aussi un bannissement numérique, autrement dit une interdiction à vie de publier sur les plateformes. Le jugement est attendu vers 13h30.

Face au tribunal, les deux streamers ne tiennent pas le même discours. Naruto assume. Il explique avoir voulu provoquer les colères fulgurantes de JP pour l’ambiance, à la manière des défis potaches de Mickaël Youn ou Cyril Hanouna. « On a vécu une aventure exceptionnelle », lâche-t-il. « On voyait pas le mal. » Safine, son ami d’enfance, se montre plus mesuré. Il dit avoir tenté de prendre ses distances et se dit aujourd’hui « pas fier ». Désormais installé en région parisienne, sans emploi, il raconte se faire traiter de meurtrier et insulter en continu. Coudoux, lui, refuse de se considérer comme une victime. « On était une bande de potes, c’était juste notre délire », lance-t-il. La procureure balaie cette version. Selon elle, le concept repose sur la désignation d’une catégorie de personnes comme objet de mépris.

Le poids de cette chaîne était considérable. Avec une moyenne de 20 000 téléspectateurs chaque soir de 21h à minuit, il s’agissait du live Kick le plus suivi de France. Des influenceurs, des chanteurs et des footballeurs y sont passés. Les revenus aussi étaient à la hauteur. Les protagonistes ont touché jusqu’à 6 000 euros par mois, et davantage pour Naruto. Depuis, les affaires continuent. Naruto prépare des vidéos de voyage, même si son contrôle judiciaire lui interdit pour l’instant de publier. Il écrit des concepts et loue du matériel à d’autres créateurs. Son petit frère a repris les directs depuis le Lokal, le studio de Contes près de Nice, où JP est mort. En parallèle, la justice s’intéresse à la plateforme Kick. Une enquête est ouverte à Paris pour déterminer si elle a rémunéré les deux streamers et quels freins elle a mis à leurs dérives. Le fisc s’y intéresse aussi. Ni Naruto ni Safine n’ont jamais déclaré leurs revenus.

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