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Un engagement de vente qui tourne au cauchemar trente ans plus tard

Vous aviez signé une promesse de vente il y a des années, mais la transaction ne s’est jamais faite. Une affaire récente rappelle que le temps peut…

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Un engagement de vente qui tourne au cauchemar trente ans plus tard

Vous aviez signé une promesse de vente il y a des années, mais la transaction ne s’est jamais faite. Une affaire récente rappelle que le temps peut anéantir tous vos espoirs, même si vous pensiez avoir des raisons d’attendre.

Tout commence en 1989. Des locataires reçoivent une promesse de vente pour un local commercial et une cave. Le propriétaire s’engage à leur vendre, sous conditions. La signature définitive devant notaire est fixée au 10 janvier 1990 au plus tard. Mais la vente n’a jamais lieu. Pourquoi ? Parce que le bien appartient à une indivision, une situation où plusieurs personnes se partagent la propriété, souvent après un héritage. Pendant des années, rien ne bouge. Ce n’est qu’en 2010 que l’indivision prend fin par un partage. L’un des anciens copropriétaires récupère le bien en pleine propriété. Les bénéficiaires de la promesse pensent alors que le moment est venu. En 2017, ils saisissent la justice pour obtenir la vente forcée et des dommages et intérêts.

Mais un obstacle juridique se dresse sur leur chemin : la prescription. Ce mécanisme fixe un délai au-delà duquel on ne peut plus attaquer en justice. Son but est simple : éviter que les litiges traînent indéfiniment. Les demandeurs affirmaient que ce délai n’avait commencé qu’en 2015, lorsqu’ils avaient vraiment compris que le vendeur refusait de signer. Pour eux, leur action de 2017 était donc valable. La justice n’a pas suivi cet argument. Selon les juges, le point de départ de la prescription n’est pas la prise de conscience du refus, mais la date à laquelle on pouvait juridiquement exiger l’exécution de la promesse. Or la promesse fixait l’échéance au 10 janvier 1990. À partir de cette date, chaque partie avait le droit de contraindre l’autre à signer. Les bénéficiaires pouvaient donc agir dès 1990. Le fait que le bien soit resté en indivision ne change rien. Une vente sur un bien indivis, même sans l’accord de tous, n’est pas nulle, seulement inopposable aux autres copropriétaires. Ils n’avaient donc pas besoin d’attendre le partage de 2010.

Résultat : leur action de juin 2017 arrive beaucoup trop tard. La demande de vente forcée est déclarée prescrite. Les juges rejettent leur recours. Cette histoire montre une leçon essentielle. Une promesse de vente non suivie d’effet ne doit jamais rester en sommeil. Même si les discussions continuent, même si la situation familiale ou successorale est compliquée, les délais juridiques tournent sans attendre votre bon vouloir. Ne laissez pas les années s’écouler, sous peine de perdre vos droits pour toujours.

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