Politique
Un élu allemand défie Berlin et va serrer la main des Russes sanctionnés
Markus Frohnmaier, porte-parole de l’extrême droite allemande pour les affaires étrangères, a rencontré à Saint-Pétersbourg deux figures proches du…
Markus Frohnmaier, porte-parole de l’extrême droite allemande pour les affaires étrangères, a rencontré à Saint-Pétersbourg deux figures proches du Kremlin, dont le patron de Gazprom. Un voyage que le gouvernement allemand avait pourtant formellement déconseillé.
Ce n’est pas un simple déplacement. C’est un pied de nez politique. Markus Frohnmaier, député du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), s’est rendu à la conférence économique de Saint-Pétersbourg. Sur place, il a échangé avec Alexeï Miller, le PDG du géant gazier Gazprom, et Kirill Dmitriev, l’émissaire spécial de Vladimir Poutine pour l’investissement. Les deux hommes sont sous sanctions internationales pour leur rôle dans la guerre en Ukraine.
Berlin n’avait pas ménagé ses avertissements. Le ministère allemand des Affaires étrangères avait explicitement déconseillé à l’AfD de participer à ce genre d’événements en Russie. Frohnmaier a visiblement choisi d’ignorer cette consigne. Sur le réseau social X, il a justifié ces rencontres en affirmant que le véritable dialogue comptait plus que jamais, alors que beaucoup préfèrent selon lui la confrontation à la conversation.
Le sujet principal de l’entretien avec Miller ? Le gazoduc Nord Stream et la possible reprise des livraisons de gaz russe vers l’Allemagne. L’élu, qui milite depuis longtemps pour un retour au dialogue avec Moscou et le rétablissement des approvisionnements énergétiques, a clairement fait passer son agenda avant les positions officielles de son pays. Un positionnement qui n’est pas sans rappeler la dépendance historique de l’Allemagne au gaz russe, avant que la guerre ne vienne tout bouleverser.
Avant l’invasion de l’Ukraine en février 2022, la Russie fournissait plus d’un tiers du pétrole brut allemand et plus de la moitié de son gaz naturel. Ce modèle économique, bâti sur une énergie bon marché venue de l’Est, a volé en éclats après la destruction du gazoduc Nord Stream en septembre 2022. Berlin a dû trouver d’urgence d’autres fournisseurs, tandis que la Russie pointait du doigt l’Ukraine, qui a toujours nié toute responsabilité dans l’attaque.
Aujourd’hui, alors que le chancelier conservateur Friedrich Merz maintient un soutien massif à l’Ukraine, l’AfD ne cesse de critiquer cette ligne. Le parti, dont la progression électorale inquiète les autres forces politiques, continue de défendre une rupture avec les sanctions et un retour aux affaires avec Moscou. La rencontre de Saint-Pétersbourg en est l’illustration la plus éclatante.
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