Politique
Le milliardaire qui se dit plus à droite que l’extrême droite… et plus à gauche qu’elle sur l’économie
Pierre-Edouard Stérin, l’homme derrière Smartbox, a détaillé ses convictions devant le Sénat. Entre positions radicales sur l’immigration et un discours…

Pierre-Edouard Stérin, l’homme derrière Smartbox, a détaillé ses convictions devant le Sénat. Entre positions radicales sur l’immigration et un discours social déroutant, il dévoile son plan pour imposer une « droite libérale conservatrice » en France.
À 52 ans, ce milliardaire exilé fiscal en Belgique depuis 2012 a passé près de deux heures à répondre aux sénateurs, par visioconférence. Son autodéfinition donne le tournis : il se dit « au centre de la droite », mais revendique en même temps être « à droite de l’extrême droite » sur l’immigration. Son idée ? La « remigration » des étrangers délinquants, sans papiers ou au chômage depuis plus d’un an. Une ligne dure assumée. Mais dès qu’il parle économie, il se situe « à l’extrême gauche de l’extrême droite ». Un paradoxe qu’il porte avec le sourire, n’hésitant pas à lâcher des traits d’autodérision sur son propre parcours.
Derrière ce positionnement politique étonnant, il y a une stratégie concrète. Stérin a créé deux structures. La première, le Fonds du bien commun, finance des projets culturels, éducatifs ou liés au handicap. Rien de très polémique. La seconde s’appelle Périclès et elle est ouvertement « métapolitique ». Son but : soutenir des cercles de réflexion et des organisations qui infusent des idées « libérales conservatrices » dans le débat public, sans présenter de candidats. L’objectif assumé est de peser sur les urnes dans les « prochains mois » ou les « prochaines années » pour qu’enfin la France bascule vers une politique de droite libérale conservatrice. Lui jure ne pas agir par intérêt personnel, mais par volonté d’être utile. Il dit ne consacrer que 10% de son temps à ce combat, préférant largement « la vie des affaires », là où il excelle et sait « faire de l’argent ».
Malgré son ton détendu et son apparente transparence, l’homme d’affaires a un passif avec les commissions d’enquête. L’an dernier, il avait refusé de se déplacer en personne devant celle de l’Assemblée nationale, ce qui lui a valu une convocation judiciaire en novembre. Devant les sénateurs, il assure qu’à sa connaissance aucune procédure n’est en cours concernant la légalité de ses actions. Il insiste sur son « souci de transparence ». Pourtant, le fait de ne pas comparaître devant une commission parlementaire est passible de deux ans de prison et 7 500 euros d’amende. Un rappel qui donne une autre couleur à ce personnage aux ambitions politiques décomplexées.
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