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Edouard Philippe veut réécrire la Constitution pour protéger l’agriculture

Le candidat à la présidentielle propose d’intégrer l’agriculture dans la Charte de l’environnement. Une manière de répondre à la crise du secteur sans…

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Edouard Philippe veut réécrire la Constitution pour protéger l'agriculture

Le candidat à la présidentielle propose d’intégrer l’agriculture dans la Charte de l’environnement. Une manière de répondre à la crise du secteur sans tout miser sur un seul objectif.

Edouard Philippe a lancé une idée qui pourrait secouer le débat politique. Lors d’un déplacement dans l’Ain, en marge du congrès des Jeunes Agriculteurs, le maire du Havre et candidat du bloc central a annoncé vouloir modifier la Constitution. Concrètement, il souhaite que la Charte de l’environnement mentionne l’agriculture comme un objectif légitime à prendre en compte. Pas question de supprimer les protections environnementales, dit-il. Mais plutôt de les équilibrer avec les besoins du monde agricole. Une révision constitutionnelle qu’il promet d’engager après la présidentielle, s’il est élu.

Cette Charte de l’environnement, adoptée en 2005, est un texte fondateur. Elle fixe des principes comme la prévention, la précaution ou le principe pollueur-payeur. Pour Edouard Philippe, c’était une bonne idée à l’époque. Mais aujourd’hui, l’agriculture française vit une crise comparable à celle de la sidérurgie dans les années 70. Alors, pourquoi ne pas faire cohabiter les deux priorités plutôt que d’en favoriser une seule ? C’est le sens de sa proposition.

L’été dernier, un bras de fer a illustré le conflit entre ces deux impératifs. Le Conseil constitutionnel a censuré une loi qui permettait de réintroduire sous conditions un pesticide dangereux pour les abeilles, mais très attendu par les betteraviers. La décision s’appuyait justement sur la Charte de l’environnement. Depuis, le syndicat agricole majoritaire, la FNSEA, réclame une réforme constitutionnelle pour remplacer le principe de précaution par un « principe d’innovation ». Edouard Philippe, sans reprendre ce terme précis, ouvre une voie de compromis. Mais la question reste délicate : jusqu’où réviser un texte qui protège l’environnement sans le vider de son sens ?

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