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Un chef de gang abattu en pleine zone aéroportuaire en Equateur

Carlos Suástegui, à la tête de la branche armée du groupe criminel Los Choneros, a été tué mercredi à l’aéroport de Guayaquil. L’attaque survient au…

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Un chef de gang abattu en pleine zone aéroportuaire en Equateur

Carlos Suástegui, à la tête de la branche armée du groupe criminel Los Choneros, a été tué mercredi à l’aéroport de Guayaquil. L’attaque survient au lendemain d’un état d’exception décrété par le président Noboa pour endiguer la violence.

Mercredi soir, l’aéroport international José Joaquin de Olmedo de Guayaquil a basculé dans la panique. Des coups de feu ont retenti vers 18 heures locales dans le deuxième aéroport du pays. Un homme qui devait prendre un vol pour Quito raconte avoir entendu huit ou dix détonations, avant que la police ne fasse évacuer les passagers. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent un jeune homme en larmes criant « Au secours, mon père », serrant un corps dans ses bras. Un autre corps gisait près d’une entrée de l’aérogare. Le ministre de l’Intérieur John Reimberg a confirmé que la cible était Carlos Suástegui, chef du gang Las Aguilas, la branche armée des redoutés Los Choneros. Deux adolescents de 15 et 16 ans ont été interpellés et deux armes à feu saisies sur place. L’aéroport reste opérationnel mais l’accès aux installations est temporairement restreint.

Cette exécution intervient dans un contexte de guerre ouverte contre le crime organisé en Equateur. La veille, le président de droite Daniel Noboa avait déclaré l’état d’exception dans dix des vingt-quatre provinces du pays, dont le Guayas, où se trouve Guayaquil. La ville portuaire est l’épicentre des violences liées aux gangs, qui se disputent le contrôle des routes de la drogue. Selon les autorités, 1 600 personnes ont déjà connu une mort violente au premier trimestre 2026. Le taux d’homicide a atteint 51 pour 100 000 habitants en 2025, le plus élevé d’Amérique du Sud. C’est une augmentation de 550 % en cinq ans à peine. À titre de comparaison, la moyenne latino-américaine est de 18 pour 100 000, et la moyenne mondiale de 5,6.

Carlos Suástegui était considéré comme un criminel à haut risque, une cible prioritaire des forces de l’ordre. Il faisait l’objet d’enquêtes pour association de malfaiteurs, meurtre et possession d’armes. Son élimination en plein jour, dans un lieu public fréquenté par des centaines de passagers, montre à quel point la violence gangrène désormais la vie quotidienne en Equateur. Pour les autorités, il s’agit d’un coup porté à la structure des gangs, mais la guerre est loin d’être finie. À l’extérieur de l’aéroport, des dizaines de passagers cherchaient des informations sur leurs vols. D’autres attendaient des nouvelles de leurs proches arrivant de l’étranger. L’état d’exception doit permettre de déployer davantage de militaires et de policiers dans les zones les plus touchées. Mais la question reste entière comment endiguer une criminalité qui a explosé en un demi-décennie.

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