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Un banquier de gauche débarque pour sauver trois usines de papier, la CGT attend le geste de l’État

Sophie Binet presse le gouvernement d’agir pour garantir la reprise de Fibre Excellence. Le financier Matthieu Pigasse, originaire du coin, propose un…

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Un banquier de gauche débarque pour sauver trois usines de papier, la CGT attend le geste de l'État

Sophie Binet presse le gouvernement d’agir pour garantir la reprise de Fibre Excellence. Le financier Matthieu Pigasse, originaire du coin, propose un projet qui redonne espoir aux 670 salariés.

La secrétaire générale de la CGT était en mode combat, jeudi, au pied des Pyrénées. Elle est venue soutenir les salariés de l’usine de Saint-Gaudens, à l’arrêt depuis avril. Fibre Excellence, le fabricant de pâte à papier, est menacé de liquidation. Mais une surprise de taille est arrivée. Le banquier d’affaires Matthieu Pigasse, connu pour ses engagements à gauche, se dit prêt à s’associer à l’offre de reprise. Pour Sophie Binet, c’est une avancée majeure. Elle raconte avoir déjoué le scénario des vautours qui préparaient la liquidation. Aujourd’hui, elle met l’État face à ses responsabilités. « Il faut lever les conditions suspensives », insiste-t-elle. Sans le soutien public, l’offre ne pourra pas aboutir.

L’enjeu dépasse largement les trois sites du groupe Saint-Gaudens, Tarascon dans les Bouches-du-Rhône et Chapelle Darblay en Seine-Maritime. Fibre Excellence emploie 670 personnes, mais des milliers d’emplois indirects sont aussi en jeu, notamment toute la filière bois. Les difficultés viennent d’une désorganisation du marché du bois, qui a fait flamber les prix et plongé les usines dans le rouge. Matthieu Pigasse, originaire du Comminges, connaît bien la région. Il parle de souveraineté industrielle et de made in France. Un responsable syndical CGT du site le décrit comme un représentant d’un capitalisme modéré, ajoutant avec un sourire que c’est comme ça qu’on les aime. De quoi redonner le moral aux équipes.

Une table ronde est prévue dans l’urgence pour finaliser l’offre. D’ici au 2 juillet, le projet doit être remodelé avant une audience cruciale au tribunal de commerce de Toulouse le 6. La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, confirme que Matthieu Pigasse n’a pas été difficile à convaincre. Pour lui, l’ensemble du projet a du sens, à la fois industriellement et socialement. Il veut une France qui produit. Reste à savoir jusqu’où ira son engagement financier. En attendant, les salariés retiennent leur souffle. L’État a désormais la clé pour que cette reprise devienne réelle.

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