Économie
Comment le CAC 40 recrute ses patrons sans jamais quitter la maison
Les grands patrons français grimpent plus lentement les échelons, mais leur loyauté paie. Une étude montre que 78% des dirigeants du CAC 40 sont choisis…


Les grands patrons français grimpent plus lentement les échelons, mais leur loyauté paie. Une étude montre que 78% des dirigeants du CAC 40 sont choisis en interne, un record en Europe, avec des carrières deux fois plus longues qu’ailleurs.
Dans les tours de verre de la Défense, la promotion interne reste reine. Selon une étude du cabinet Heidrick & Struggles, près de quatre patrons du CAC 40 sur cinq ont été nommés en venant de l’intérieur de leur entreprise. Un score de 78% qui dépasse largement la moyenne européenne de 63%. Les grands groupes français misent donc massivement sur leurs talents maison, cultivant une lente ascension. En moyenne, il faut 14,5 ans pour qu’un cadre atteigne le poste de direction générale dans l’Hexagone, contre 9,2 ans en Europe. Plus de la moitié des dirigeants du CAC 40 ont passé plus de dix ans dans leur société avant d’hériter du fauteuil.
Mais cette culture du long terme a ses angles morts. Malgré la loi Rixain, qui impose dès cette année 30% de femmes dans les instances dirigeantes, seules cinq entreprises du CAC 40 sont pilotées par une femme. Cela représente 12,5% des groupes, un chiffre honorable par rapport à la moyenne européenne de 8%, mais encore loin de la parité. Parmi les secteurs qui progressent, on trouve des profils très opérationnels. Près de 38% des patrons français ont un passé de directeur des opérations, soit plus du double de la moyenne européenne. En revanche, les anciens directeurs financiers ne représentent que 13% des dirigeants, contre 22% ailleurs en Europe.
L’internationalisation progresse doucement mais sûrement. La part de dirigeants étrangers dans les 40 plus grosses capitalisations françaises atteint 18%, en hausse de trois points par rapport à l’an dernier. Un bon point, même si on reste loin de la moyenne européenne de 29%. Côté expérience hors de France, 48% des patrons du CAC 40 ont vécu une mobilité internationale, contre 43% dans le reste du continent. Pour Sylvain Dhenin, associé chez Heidrick & Struggles, le vrai défi n’est plus seulement de trouver un successeur parmi les fidèles. Il faut surtout vérifier que les compétences forgées dans ces longues carrières correspondent aux besoins stratégiques des années à venir. Un avertissement qui résonne alors que les marchés changent vite, et que la loyauté ne garantit pas toujours l’agilité.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 6 joursLe moustique tigre propage chikungunya, dengue et virus du Nil dans le sud de la France



PlanèteEn Ligne 5 joursUn sanctuaire souterrain de 29 grottes va naître en Ariège



SociétéEn Ligne 7 joursUn drone à l’IA veille sur les baigneurs de Valras-Plage



PolitiqueEn Ligne 5 joursLa Corse face à un ultimatum armé



PolitiqueEn Ligne 6 joursGabriel Attal dans le viseur d’une opération russe de désinformation



SociétéEn Ligne 4 joursÀ Ceuta, des centaines d’enfants migrants dorment à la rue, livrés à tous les dangers



Faits DiversEn Ligne 6 joursUn salarié du Club Med poursuivi pour viol sur un client en Afrique du Sud



SociétéEn Ligne 3 joursViolences sexuelles sur mineurs le chantier immense qui attend la justice








