Société
Tests salivaires sous haute tension ces conducteurs qui crient à l’erreur
Des milliers d’automobilistes remettent en cause la fiabilité des tests salivaires antidrogue. Entre faux positifs liés au CBD et faux négatifs qui…


Des milliers d’automobilistes remettent en cause la fiabilité des tests salivaires antidrogue. Entre faux positifs liés au CBD et faux négatifs qui passent à côté de vrais dangers, le débat s’enflamme.
Les tests salivaires utilisés par les forces de l’ordre pour traquer la conduite sous stupéfiants ne seraient pas aussi fiables qu’on le croit. Une étude menée sur plus de 2 300 prélèvements révèle que près de 15% des résultats sont des faux négatifs et 2% des faux positifs. Concrètement, cela signifie qu’un conducteur sur sept sous influence pourrait passer entre les mailles du filet, tandis qu’une personne sur cinquante se ferait injustement retirer son permis. Des chiffres qui font débat.
Le problème est multiple. Certains médicaments courants comme les décongestionnants ou les antidépresseurs peuvent fausser un test et le rendre positif à la cocaïne. Mais le vrai casse-tête, c’est le cannabis et son cousin légal, le CBD. Les tests actuels ne savent pas faire la différence entre le THC, la molécule psychoactive, et le CBD, pourtant autorisé à des taux infimes. Résultat, une forte consommation de CBD, totalement légale, peut faire grimper le test au-dessus du seuil de détection pendant une heure ou deux. Les conducteurs se retrouvent alors accusés à tort, leur permis suspendu pour un produit qu’ils ont acheté en toute légalité.
Un chauffeur routier de 43 ans a vécu ce cauchemar en février. Contrôlé positif au THC alors qu’il sortait d’un magasin de CBD, il affirme n’avoir jamais touché au cannabis. Il raconte que les policiers lui ont arraché le test des mains à deux reprises, ce qui, selon son avocate, aurait pu contaminer l’échantillon avec des résidus. Il n’a pas pu demander de contre-expertise, on l’en a même dissuadé. Résultat, il a écopé d’une amende de 1 200 euros et d’une annulation de permis. Aujourd’hui en arrêt maladie pour tenir son poste, il attend son procès après avoir contesté la décision.
Les conducteurs qui veulent se défendre doivent faire face à un obstacle de taille. Depuis un arrêt de la Cour de cassation en mars 2025, les policiers n’ont plus à prouver la fiabilité du test qu’ils utilisent. Une décision qui rend la contestation quasi impossible, même quand le produit incriminé est légal. Les experts déplorent par ailleurs que le seuil de détection du cannabis soit trop élevé, ce qui explique un grand nombre de faux négatifs. Autant de zones d’ombre qui laissent des conducteurs dans l’angoisse, coincés entre une procédure opaque et des enjeux de sécurité routière bien réels.
À lire aussi





SociétéEn Ligne 5 joursElle fait fuir l’agresseur d’une passagère du RER C et se voit remettre la médaille du mérite



Faits DiversEn Ligne 6 joursRachida Dati face à un verdict qui peut lui coûter sa mairie et son avenir



PolitiqueEn Ligne 5 joursSelon Tanguy, d’anciens militants antisémites seraient à l’origine de la fuite visant Bardella



Faits DiversEn Ligne 3 joursRachida Dati risque de perdre sa mairie dès sa condamnation



PolitiqueEn Ligne 5 joursÉdouard Philippe sort enfin sa réforme des retraites



MondeEn Ligne 4 joursHaïti gagne six mois de plus pour reprendre la main sur ses gangs



Faits DiversEn Ligne 4 joursDerrière Gims, une machine à blanchir un milliard d’euros



PolitiqueEn Ligne 7 joursLe Sénat change de visage et le RN vise son premier vrai groupe








