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Suicides et harcèlement présumés au cœur de l’administration du Premier ministre

Des drames humains signalés à la procureure de Paris ont mis le feu aux poudres au sein des services du Premier ministre. L’administration sort du…

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Suicides et harcèlement présumés au cœur de l'administration du Premier ministre

Des drames humains signalés à la procureure de Paris ont mis le feu aux poudres au sein des services du Premier ministre. L’administration sort du silence, conteste une partie des faits et commande un audit indépendant

C’est un signalement qui a tout déclenché. Le 25 juin, un représentant du personnel des services du Premier ministre a saisi la procureure de Paris pour dénoncer des faits de harcèlement moral et de mise en danger d’autrui visant une fonctionnaire. Selon ce signalement, ces agissements l’auraient poussée à tenter de mettre fin à ses jours. La fonctionnaire concernée, qui travaille au service de la correspondance du Premier ministre, a depuis déposé plainte. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Le même signalement évoque une autre tentative de suicide, deux suicides et une mort suspecte, celle d’une personne retrouvée sans vie dans les toilettes de l’administration. Des chiffres qui ont immédiatement fait écho à un contexte particulier. Me Christelle Mazza, l’avocate du représentant du personnel et de la plaignante, avait pointé du doigt une institution « profondément déstabilisée » depuis la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 et le turnover permanent des Premiers ministres et de leurs cabinets.

Mercredi, les services du Premier ministre ont répondu point par point, dans un courrier consulté par l’AFP. Leur version diffère nettement. Pour la fonctionnaire qui a tenté de se suicider, ils affirment qu’elle avait d’abord été « mise à pied et mise en cause pour harcèlement sur ses équipes ». Une autre tentative, qui remonte à septembre 2025, a été jugée après enquête interne « non imputable au service » dans lequel la personne travaillait. Quant aux deux suicides survenus en mars, l’un concerne un agent en congé maladie depuis plusieurs mois, l’autre un fonctionnaire d’un autre service, en télétravail au moment des faits. Des enquêtes administratives doivent déterminer si un lien existe entre ces décès et le milieu professionnel. La mort suspecte, elle, serait en réalité une « mort naturelle » survenue en juin.

Derrière ces chiffres et ces versions contradictoires, il y a une administration immense. Les services du Premier ministre regroupent une cinquantaine d’entités aux statuts variés, des secrétariats généraux aux autorités administratives indépendantes, où travaillent environ 4.000 agents. Pour tenter d’y voir plus clair, un audit sur l’ensemble de cette administration va être prochainement confié à un cabinet extérieur. Une décision qui arrive après des mois de tensions internes, mais qui ne répond pas encore à la question centrale. Que s’est-il réellement passé au sein de cette machine d’État, et surtout, ces drames étaient-ils évitables ?

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