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Sous un soleil de plomb, des cueilleurs de fruits italiens survivent dans un bidonville sans eau ni ombre

Dans le sud de l Italie, des milliers de travailleurs migrants vivent et dorment dans un campement de tôle où la chaleur devient mortelle. Entre absence d…

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Sous un soleil de plomb, des cueilleurs de fruits italiens survivent dans un bidonville sans eau ni ombre

Dans le sud de l Italie, des milliers de travailleurs migrants vivent et dorment dans un campement de tôle où la chaleur devient mortelle. Entre absence d eau potable et exploitation épuisante, leur quotidien est un combat permanent.

À Borgo Mezzanone, l air empeste la viande brûlée et les déchets calcinés. Ce bidonville tentaculaire, installé sur les pistes désaffectées d un ancien aérodrome militaire dans les Pouilles, accueille jusqu à 4 000 personnes en été. Quand la canicule européenne frappe, les ouvriers agricoles rentrent des champs lessivés par la chaleur, sans trouver ni ombre ni robinet potable pour se désaltérer. Les baraques en tôle ondulée transforment le camp en fournaise.

Les habitants doivent marcher jusqu à l autre bout du campement pour remplir des bidons d eau non potable, qu ils font ensuite bouillir. Certains, trop épuisés par leur journée de cueillette, rentrent et se couchent sans même se laver. Florence Ekhatoro, une Nigériane de 47 ans, fait partie des plus chanceux elle possède une petite construction en briques et un ventilateur. Mais pour cuisiner, elle doit allumer un feu devant sa porte malgré la chaleur étouffante.

Une clinique mobile de l organisation humanitaire Intersos vient chaque jour en aide aux résidents. Les médecins constatent une dégradation progressive de la santé de ces jeunes travailleurs pourtant en bonne forme à leur arrivée. La soif et la chaleur sont les motifs de consultation les plus courants. Francesca Palazzo, responsable de projet, raconte avoir vu un jour un jeune homme pleurer devant sa cabane ses deux chiots étaient morts de chaleur.

L Italie a reçu 54 millions d euros de l Union européenne pour reloger ces migrants dans des logements décents. Mais faute d avoir utilisé ces fonds à temps, le pays les a perdus. Un député local dénonce un échec total du gouvernement de droite, qu il accuse d avoir freiné le processus pour ne pas régulariser ces travailleurs. Pendant ce temps, sous le soleil des Pouilles, le ghetto continue d étouffer ses habitants.

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