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Sous la canicule, la Suisse résiste à la clim

Alors que l’Europe suffoque, la Confédération helvétique maintient un frein très serré sur l’installation de climatiseurs. Témoignages et astuces pour…

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Sous la canicule, la Suisse résiste à la clim

Alors que l’Europe suffoque, la Confédération helvétique maintient un frein très serré sur l’installation de climatiseurs. Témoignages et astuces pour survivre à la chaleur sans brancher un bloc.

Camille est enceinte de sept mois et vit sous les toits d’un immeuble ancien avec vue sur le lac Léman. Cette semaine, le thermomètre a frôlé les 36°C chez elle, bien au-dessus des normales. Pour tenir le coup, elle ne compte que sur deux ventilateurs qui brassent un air brûlant. « C’est mieux que rien, mais ça ne rafraîchit pas vraiment », soupire-t-elle. Comme beaucoup de Suisses, elle aimerait installer un petit climatiseur portable, mais les rayons des magasins sont vides depuis le début de la vague de chaleur. Et pour un modèle fixe, c’est une tout autre histoire.

Dans les cantons romands, poser un climatiseur fixe relève du parcours du combattant. Ruben, enseignant à Lausanne, résume la situation : « Tout est fait pour mettre des bâtons dans les roues. » Avant même de penser à l’appareil, il faut obtenir l’aval du propriétaire, du syndic et des autorités locales. Chaque projet doit prouver qu’il respecte les règles d’urbanisme, les normes antibruit et les critères environnementaux. À Genève, la réglementation est la plus sévère : impossible d’installer une clim de confort sans certificat médical attestant d’un réel besoin. Et encore, seuls certains modèles sobres et alimentés en énergie verte sont tolérés. Dans les cantons de Fribourg ou Neuchâtel, on exige que l’énergie consommée soit compensée par une production renouvelable sur place. À Zurich, il faut d’abord démontrer que toutes les solutions passives (isolation, volets) ont été épuisées.

Face à ces obstacles, les Suisses redoublent d’ingéniosité. Beaucoup se réfugient en altitude, dans les montagnes du Jura, quand le télétravail le permet. D’autres misent sur des réseaux innovants comme GeniLac à Genève, qui pompe l’eau froide du Léman en profondeur pour rafraîchir les immeubles neufs. Et le soir, Camille a trouvé sa solution ultime : un plongeon dans le lac. « Avec cette chaleur, enfiler des bas de contention n’est pas drôle, mais au moins l’eau reste fraîche », dit-elle en riant. Une leçon de sobriété que la Suisse assume, même quand le mercure s’emballe.

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