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Sous les coups de poing, un quotidien sans toit

Depuis trois ans, neuf familles cubaines vivent dans une salle de boxe de La Havane, après l’effondrement de leur immeuble. Sans perspective de…

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Sous les coups de poing, un quotidien sans toit

Depuis trois ans, neuf familles cubaines vivent dans une salle de boxe de La Havane, après l’effondrement de leur immeuble. Sans perspective de relogement, elles tentent de survivre entre rats, humidité et coupures d’électricité.

Dans le quartier de la Vieille Havane, le gymnase Jesus Montané résonne chaque matin des bruits d’entraînement. Mais ici, ce ne sont pas seulement des boxeurs qui occupent les lieux. Entre les sacs de frappe et les rings, neuf familles ont planté leur vie. Des draps suspendus à des piquets, des cartons posés à même le sol, quelques meubles de fortune. C’est tout ce qu’il reste de leurs anciens foyers. Leur immeuble s’est effondré il y a près de trois ans. Les autorités avaient promis un relogement temporaire. Il n’a jamais eu lieu.

L’installation est précaire à tous les niveaux. Les câbles électriques courent sur le sol pour alimenter chaque espace, mais les coupures d’électricité dépassent vingt-quatre heures dans la capitale. Sans ventilateur, la chaleur sous le toit en tôle devient étouffante. L’eau vient d’une citerne que les habitants jugent imbuvable. Un fonctionnaire distribue chaque jour un repas unique, du riz et des haricots noirs, versé directement dans un seau. Les familles vivent avec les rats, les punaises de lit, l’humidité qui colle aux murs. Une mère raconte que son fils de trois ans a une lésion au poumon à cause de cette atmosphère. Elle-même souffre de champignons.

Le pire, c’est l’absence totale de perspective. Personne ne vient les voir, ni du gouvernement ni du ministère du Logement. Les promesses se sont éteintes dans le silence. « Je n’ai aucun espoir qu’on me donne une maison », lâche une femme de 35 ans, qui élève seule ses trois enfants dans ce gymnase depuis la naissance de la plus jeune. Les sportifs, eux, ont fini par s’habituer à cette promiscuité. Les entraînements ont lieu au milieu des habitations de fortune, sous les regards des familles. Pour ces Cubains, la vie ressemble à un combat sans arbitre, sans temps réglementaire, et avec très peu de raisons de croire à une issue.

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