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Sous la fumée, l’angoisse des vacances brisées

Des milliers de personnes ont dû fuir les incendies en Gironde pour se réfugier dans un centre d’accueil à Bordeaux. Entre lits de camp et cartons de…

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Sous la fumée, l'angoisse des vacances brisées

Des milliers de personnes ont dû fuir les incendies en Gironde pour se réfugier dans un centre d’accueil à Bordeaux. Entre lits de camp et cartons de vivres, familles, enfants et personnes âgées tentent de tenir le coup.

Dans le plus grand hangar du parc des expositions de Bordeaux, l’ambiance est étrange. Des enfants courent après un ballon, d’autres tapent dans un volant de badminton. Pour eux, le plus dur est de faire passer le temps. Beaucoup d’évacués sont arrivés dans la nuit, venus du bassin d’Arcachon et des communes proches de Bordeaux désormais menacées. Certains ont dormi sur des lits picot ou des tapis de sol. D’autres n’ont pas fermé l’œil. La fatigue se lit sur les visages.

Olivier Stewart, 38 ans, a quitté Mérignac avec sa femme et leurs jeunes enfants après avoir reçu l’alerte Fr-Alert. Il raconte que les enfants sont stressés à l’idée que leur maison brûle. Une médecin, Marie Decroix, circule entre les familles avec un carnet. Elle recense les besoins, surtout ceux des enfants, et rappelle les signes de déshydratation. Un poste de secours a été installé. Des bus ont été affrétés pour transporter les personnes âgées vers un espace dédié. Des masques sont distribués. L’odeur de fumée flotte encore dans l’air, mais elle est moins forte que la veille au soir où elle s’était répandue sur toute la ville.

Frédéric Tavitian, retraité de 70 ans, est assis sur son lit de camp, une guitare à la main. Il a mis quatre heures pour arriver à cause des bouchons. Il raconte avoir vu des colonnes de fumée comme un volcan qui allait exploser. Il est fatigué, n’a pas dormi à cause du brouhaha incessant. Non loin, Nuala Kelly, une touriste irlandaise de 75 ans venue passer des vacances en famille, dit n’avoir jamais vécu ça malgré tous ses voyages. Elle salue la gentillesse des gens et la solidarité qui s’organise. Des habitants de Bordeaux viennent spontanément proposer de l’aide. David Duval, 55 ans, propose une chambre pour héberger une famille. Il dit être bouleversé par la détresse des évacués. Même les animaux ne sont pas oubliés. Des dizaines de chats et de chiens ont accompagné leurs maîtres. Des sacs de croquettes et de litière sont disponibles. Dans une zone vitrée, des félins jouent. À l’extérieur, une professeure de 54 ans, Sophie Gapinski, espère que l’incendie va enfin passer.

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