Faits Divers
Sophia Chikirou relaxée pour escroquerie mais condamnée pour vol
Un vieux dossier ressurgit au moment de sa campagne municipale et la députée insoumise dénonce un timing politique. Le tribunal la reconnaît coupable…


Un vieux dossier ressurgit au moment de sa campagne municipale et la députée insoumise dénonce un timing politique. Le tribunal la reconnaît coupable d’avoir volé des chèques mais la blanchit des accusations les plus lourdes.
C’est un verdict en demi-teinte que la députée LFI a reçu lundi. Sophia Chikirou a été relaxée des accusations de tentative d’escroquerie qui pesaient sur elle depuis 2018. En revanche, elle écope d’une amende de 8 000 euros, dont la moitié avec sursis, pour avoir dérobé deux formules de chèque jamais utilisées. Cette affaire, qui mêle comptes bancaires, éviction d’un média et rancœurs politiques, a empoisonné sa campagne pour la mairie de Paris. Elle était arrivée loin derrière au second tour avec moins de 8% des voix.
Le tribunal a estimé que les preuves manquaient pour établir une tentative d’escroquerie. À l’époque, Sophia Chikirou avait tenté de faire virer 67 146 euros depuis les comptes du Média, une webtélé qu’elle avait cofondée. Mais elle venait d’être évincée de la présidence de la société de production. La question centrale était simple savait-elle qu’elle n’avait plus le droit de gérer ces comptes au moment où elle a fait les démarches à la banque ? Les juges ont retenu qu’elle n’avait reçu son avis d’éviction que tard dans l’après-midi du 27 juillet 2018, après son premier rendez-vous bancaire. Un SMS du psychanalyste Gérard Miller, cofondateur du Média, envoyé à 16h57, a servi d’élément clé. Le tribunal a aussi souligné que nier à tort ses droits de gérant n’est pas une escroquerie au sens pénal.
L’affaire sentait surtout la guerre interne. Lors du procès en mai, les débats ont été ponctués de lectures de SMS cinglants, d’insultes et de comptes rendus d’assemblées générales houleuses. Les dissensions entre responsables du Média avaient conduit à l’éviction de Sophia Chikirou en plein été 2018. Depuis, un accord avait été trouvé entre les parties et la société plaignante s’était désistée de sa plainte. Alors pourquoi un procès s’est-il tenu cinq ans plus tard, en pleine campagne électorale ? L’élue n’a pas mâché ses mots à l’audience, dénonçant un choix purement politique de la procureure. Le tribunal a justifié sa décision en rappelant que le vol est un fait grave pour un élu, mais a tenu compte de l’ancienneté des faits et de l’accord passé. Reste un goût amer pour celle qui estime avoir été visée au moment le plus stratégique.
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