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Sous surveillance dans son propre foyer

Un homme de 45 ans est jugé pour avoir imposé un régime de contrôle et de violences à trois femmes et leurs enfants pendant vingt ans. Caméras…

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Sous surveillance dans son propre foyer

Un homme de 45 ans est jugé pour avoir imposé un régime de contrôle et de violences à trois femmes et leurs enfants pendant vingt ans. Caméras, géolocalisation et coups rythmaient leur quotidien, mais l’accusé nie toute violence.

Lundi, Jérôme P. est entré dans le box du tribunal de Saint-Omer. Cheveux grisonnants, lunettes, il reconnaît une vie de famille « bizarre » mais refuse d’admettre les coups et les viols. Pourtant, les faits dressent un autre tableau. À son domicile, trois femmes vivaient sous la même toit que lui, chacune présentée comme sa compagne. Ensemble, elles ont eu plusieurs enfants. L’une d’elles, Jennifer C., a porté plainte fin 2022. Elle raconte des années d’emprise, de surveillance constante, de viols et de violences physiques. Selon l’enquête, les relations auraient commencé alors que ces femmes étaient encore adolescentes.

Dans la maison, tout était pensé pour le contrôle. Des caméras dans chaque pièce, un logiciel pour tracer les téléphones, et un accès verrouillé aux cartes bancaires, conservées dans une boîte fermée à clé. Jérôme P., surnommé « Monsieur Apple » par son avocate, aurait dépensé 115 000 euros en matériel informatique entre 2021 et 2022. Son rythme de vie était calé sur la surveillance : il dormait de 7 heures à 15 heures, puis passait ses après-midi à visionner les enregistrements. « Quand quelque chose ne lui plaît pas, il frappe », résume son avocate. L’enquête mentionne notamment des nez cassés chez deux autres compagnes.

Les deux autres femmes vivant avec lui continuent de soutenir l’accusé. Des expertises psychologiques parlent de « situation d’emprise relationnelle » et de « dépendance ». L’une d’elles, Aurélia D., ne s’est pas présentée à l’audience où elle devait témoigner. La présidente a demandé une « relance ferme ». Côté enfants, les versions divergent. La fille aînée de la plaignante et une autre adolescente confirment les accusations. Mais les deux enfants plus jeunes, encore mineurs, contestent les faits. L’affaire ne s’arrête pas à ce foyer un frère de Jérôme P. est aussi en détention après une plainte similaire. Un autre s’est suicidé en 2024 alors qu’il était mis en examen pour viols. La justice devra trancher jusqu’à jeudi. L’accusé encourt vingt ans de réclusion.

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