Société
Sarran pleure Bernadette Chirac, une « femme forte » qui a marqué la Corrèze
Dans ce petit village corrézien de 300 habitants, les cloches ont sonné en mémoire de l’ancienne première dame. Élue locale pendant 36 ans, elle a imposé…


Dans ce petit village corrézien de 300 habitants, les cloches ont sonné en mémoire de l’ancienne première dame. Élue locale pendant 36 ans, elle a imposé sa propre personnalité politique.
À Sarran, le silence de la campagne a été brisé par les cloches de l’église. Quelques heures après l’annonce de sa mort, les habitants ont tenu à honorer Bernadette Chirac, celle qui avait fait de la Corrèze sa terre d’adoption. Dans le musée Jacques Chirac, un registre de condoléances a été ouvert. Corinne Langlade, une retraitée venue visiter ce lieu rempli de cadeaux présidentiels, a écrit son message en citant « la classe, la discrétion, l’intelligence, une force sympathique ». Au restaurant-épicerie Patati Patata, Monique confie garder « le souvenir d’une femme forte, qui ne se laissait pas faire ». Ces mots simples disent beaucoup de l’empreinte qu’elle a laissée.
Bernadette Chirac n’a pas seulement été la femme du président. Elle a été la seule première dame à exercer un mandat politique en son nom propre, comme conseillère générale de la Corrèze, réélue sans interruption de 1979 à 2015. La maire de Sarran, Agnès Audureau, qui a siégé avec elle au conseil municipal, se souvient d’une « Corrézienne de cœur, très proche des habitants, avec ce caractère terrien fait de sincérité et d’honnêteté ». Elle raconte que quand Bernadette Chirac avait une idée en tête, elle allait « au bout du bout, jusqu’à être pénible pour ceux qui résistaient ». Et elle évoque aussi leurs « fous rires notables » en conseil, une relation humaine forte malgré les différences. Selon elle, le fait d’être l’épouse de Jacques Chirac a forcément ouvert des portes, « mais pas que. Il y avait le caractère aussi ».
Pour les habitants, elle était bien plus qu’une épouse de président. Jeannette, retraitée d’une commune voisine, insiste : « Ce n’était pas juste la femme de, bien au contraire. Elle s’y connaissait en politique locale, ses mandats en disent long. » Julien Fogier, un quadragénaire nostalgique des « apparitions de Bernie à la télé pour les pièces jaunes », rappelle qu’elle « n’a jamais oublié la Corrèze et nous n’avons jamais oublié Bernadette ». Les hommages officiels ont aussi souligné cet ancrage : le président du département Pascal Coste a salué celle qui « aura défendu notre département avec force et détermination durant plus de 40 ans ». Emmanuel Macron a noté qu’elle avait marqué « la vie de la Corrèze », et François Hollande, qui l’a côtoyée politiquement dans ce même département, a rendu hommage à son engagement de près de quarante ans. Bernadette Chirac sera inhumée à Paris, mais une cérémonie en Corrèze est prévue après les obsèques. Un dernier adieu à une femme qui a fait du Limousin une partie d’elle-même.
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