Politique
Saint-Denis et la LICRA s’affrontent sur un logo contesté
La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme somme la ville de Saint-Denis de retirer son logo, trop ressemblant au sien. Le maire Bally…


La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme somme la ville de Saint-Denis de retirer son logo, trop ressemblant au sien. Le maire Bally Bagayoko refuse et dénonce une procédure tardive aux conséquences financières lourdes.
Tout a commencé avec un visuel aux trois visages entrelacés sur fond tricolore. Ce logo, adopté par la municipalité de Saint-Denis en 2024 sous l’ancienne équipe, devait symboliser l’identité commune avec Pierrefitte-sur-Seine à l’approche de leur fusion en 2025. Mais aujourd’hui, la LICRA estime que cette identité visuelle empiète sur la sienne. L’association, qui défend son propre graphisme existant depuis vingt ans, a mis en demeure la ville de cesser immédiatement l’utilisation de ce logo. Pour elle, c’est une question basique de droit des marques et de propriété intellectuelle, sans arrière-pensée politique.
Le maire actuel, Bally Bagayoko, ne l’entend pas de cette oreille. Il s’est indigné publiquement, pointant un calendrier qu’il juge suspect. Pourquoi la LICRA n’a-t-elle rien dit quand l’ancienne majorité utilisait ce logo depuis 2024 ? Pourquoi agir seulement maintenant, sous son mandat ? Il dénonce aussi le coût d’un changement forcé. Remplacer toute la signalétique des bâtiments municipaux, des papiers officiels aux panneaux, représenterait une charge importante pour les finances de la commune. « Saint-Denis ne se laissera pas intimider », a-t-il lancé.
La LICRA a répliqué par la voix de son président, Mario Stasi. Il balaie l’argument politique : que le maire soit de gauche ou d’un autre bord, le fond du problème reste le même. Le logo appartient à l’association depuis deux décennies. Il regrette que la mairie soit restée silencieuse pendant deux mois après le courrier de mise en demeure. Et il accuse l’édile d’avoir médiatisé l’affaire avec un message qu’il qualifie de racoleur et inexact. L’association assure n’avoir envoyé qu’un courrier sobre et technique. Reste à savoir si ce conflit de visuels trouvera une issue à l’amiable ou si les deux parties se retrouveront devant la justice.
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