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Quand le thermomètre flambe votre santé vacille

Avec la canicule qui touche 150 millions d’Européens, les termes médicaux fleurissent. Comprendre ces mécanismes peut sauver des vies.

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Quand le thermomètre flambe votre santé vacille

Avec la canicule qui touche 150 millions d’Européens, les termes médicaux fleurissent. Comprendre ces mécanismes peut sauver des vies.

Le corps humain est une machine réglée pour fonctionner à 37°C. Dès que la température extérieure dépasse 25°C, il active ses systèmes de refroidissement la transpiration et l’afflux de sang vers la peau. Mais quand la chaleur devient trop intense ou que l’organisme est affaibli, ces défenses craquent. C’est ce qu’on appelle le coup de chaleur. La température interne monte alors au-dessus de 40°C, le cœur s’emballe, la respiration s’accélère. Pire encore, la sudation s’arrête et les urines deviennent rares et foncées. Les signes d’alerte sont nets une fièvre élevée, une peau chaude et sèche, des maux de tête, des nausées, une confusion mentale. Les enfants de moins de cinq ans et les personnes âgées sont les plus à risque, car leurs mécanismes de régulation sont moins efficaces. Mais même un adulte en pleine forme n’est pas à l’abri, surtout s’il fait un effort intense sous le soleil. Le coup de chaleur d’effort peut frapper les sportifs et les travailleurs en extérieur, la chaleur des muscles s’ajoutant à celle de l’air.

La déshydratation est un autre fléau silencieux de la canicule. Quand le corps perd plus d’eau qu’il n’en absorbe, le sang devient moins fluide et circule mal. Les organes manquent alors d’oxygène. Sans apport rapide en eau, la situation s’aggrave. Les reins peuvent lâcher. Les personnes âgées, qui ressentent moins la soif, sont particulièrement vulnérables, tout comme les nourrissons. Certains médicaments qui augmentent l’élimination d’eau accentuent le risque. En asséchant les bronches, la déshydratation aggrave aussi les problèmes respiratoires, alors que la chaleur favorise la formation d’ozone, un irritant pour les poumons. Plus rare mais tout aussi dangereux, l’hyponatrémie survient quand le taux de sodium dans le sang chute trop bas. Cela peut arriver si on boit beaucoup d’eau sans apport de sel, ou si on perd trop de sel en transpirant. Les symptômes sont une fatigue anormale, des nausées, des œdèmes. Dans les cas graves, cela peut mener à des convulsions ou au coma.

La canicule ne se contente pas de frapper les personnes en bonne santé. Elle aggrave aussi les maladies chroniques. On parle de décompensation. Les personnes souffrant d’insuffisance cardiaque, de maladie rénale, de BPCO ou de diabète de type 2 voient leur état se dégrader brutalement. Les mécanismes de compensation de l’organisme ne suffisent plus à maintenir l’équilibre. Les symptômes inhabituels comme un essoufflement, une confusion, une fatigue intense, une diminution des urines ou des douleurs thoraciques doivent alerter. Une évaluation médicale rapide est alors cruciale. Ces décompensations entraînent des consultations, des hospitalisations et parfois des décès, même plusieurs jours après le début des fortes chaleurs.

Pour faire face, il faut rester vigilant. Connaître ces termes et leurs mécanismes permet de réagir à temps. Boire régulièrement sans attendre la soif, se rafraîchir, éviter les efforts aux heures les plus chaudes, surveiller les proches fragiles. La canicule historique que vivent 150 millions d’Européens nous rappelle que la chaleur n’est pas qu’une question d’inconfort. C’est une agression directe pour notre corps, et plus on comprend comment elle l’attaque, mieux on peut le protéger.

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