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La CFDT mise sur une sécurité sociale écologique et une limitation des gros salaires

Le premier syndicat français a adopté sa feuille de route pour les quatre prochaines années. Climat, inégalités et intelligence artificielle sont au cœur…

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La CFDT mise sur une sécurité sociale écologique et une limitation des gros salaires

Le premier syndicat français a adopté sa feuille de route pour les quatre prochaines années. Climat, inégalités et intelligence artificielle sont au cœur des priorités votées par les délégués.

La grand-messe syndicale s’achève sur un vote massif. Le 51ème congrès de la CFDT a validé vendredi sa résolution revendicative à plus de 87% des voix. Un score qui ravit la secrétaire générale Marylise Léon, reconduite pour un nouveau mandat de quatre ans. Mais derrière cette apparente unanimité, certains sujets ont fait débat. Six articles étaient soumis à discussion, avec des résultats contrastés.

Le point le plus discuté reste la création d’une sixième branche de la Sécurité sociale, dédiée aux « conditions de vie et transition écologique ». L’idée est simple : mieux prendre en compte les conséquences du dérèglement climatique dans le système de protection sociale. Canicules, inondations, sécheresses, ces risques ne sont plus exceptionnels. La branche a été approuvée à 56% seulement, signe que l’adhésion n’est pas totale. Marylise Léon la décrit comme « une branche vigie », chargée de pousser les autres branches à intégrer le risque climatique dans leurs décisions. Catherine Nave-Bekhti, secrétaire nationale, précise qu’il ne s’agit pas de réclamer de nouveaux financements ou de créer de nouvelles prestations. L’objectif est d’adapter l’organisation des soins et le remboursement des conséquences des coups de chaleur, par exemple. Concrètement, cela pourrait changer la manière dont la Sécurité sociale évalue et compense les dommages liés à des événements climatiques extrêmes.

Autre sujet sensible, la question des salaires. Les délégués ont adopté un objectif de limitation de l’écart entre les plus hautes rémunérations et le salaire médian d’une entreprise. Le ratio retenu est de 1 à 40. Cela signifie que le patron ne pourrait pas gagner plus de 40 fois le salaire médian de sa boîte. Une mesure qui a fait grincer des dents. Certains opposants estimaient que ce seuil était encore trop élevé et qu’il risquait d’avaliser des écarts jugés excessifs. Mais la majorité des votants a validé l’idée. En revanche, une proposition visant à abaisser le droit de vote aux élections politiques à 16 ans a été rejetée à 54%. Marylise Léon reconnaît qu’il y a « encore un travail de conviction à faire sur ce sujet ».

Enfin, l’intelligence artificielle n’a pas été oubliée. La résolution appelle à négocier des accords d’entreprise et de branche pour anticiper l’arrivée de l’IA dans le monde du travail. Mais les délégués ont repoussé un amendement qui proposait d' »activer des dispositifs de cessation d’activité pour les personnes trop éloignées de ces technologies ». La CFDT préfère miser sur la négociation. Marylise Léon a annoncé vouloir inscrire ce sujet « à l’agenda autonome » du dialogue social dès la rentrée, avec le patronat. L’idée est de préparer les transformations du travail sans laisser personne sur le bord de la route, mais sans recourir à des sorties précipitées du marché de l’emploi.

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