Économie
Quand la guerre vide les caisses de l’école et de l’hôpital
Depuis l’attaque du 7 octobre 2023, Israël a dépensé près de 120 milliards d’euros pour ses opérations militaires. Un choix budgétaire massif qui commence…


Depuis l’attaque du 7 octobre 2023, Israël a dépensé près de 120 milliards d’euros pour ses opérations militaires. Un choix budgétaire massif qui commence à peser lourdement sur l’éducation, la santé et le quotidien des Israéliens.
Le chiffre donne le vertige. Plus de 400 milliards de shekels, soit environ 120 milliards d’euros, ont été engloutis par la guerre en un an et demi. C’est l’équivalent de 17% du produit intérieur brut du pays. Et ce n’est pas fini. La seule campagne contre l’Iran, jusqu’au cessez-le-feu d’avril, a ajouté 10,5 milliards d’euros à la facture. Pour financer tout cela, Israël a emprunté massivement sur les marchés internationaux. Résultat la dette publique est passée de 60% à plus de 69% du PIB. Les impôts et les cotisations sociales ont aussi augmenté. Bref, le pays puise dans ses réserves et dans le portefeuille des citoyens.
Mais cette facture a un autre visage, moins visible. Celui des coupes dans les services publics. Des économistes expliquent que les Israéliens paient deux fois pour la guerre. D’abord via la hausse des impôts. Ensuite à travers la baisse des dépenses sociales. L’État réduit ses investissements dans l’éducation, la santé et les infrastructures alors même qu’il s’endette toujours plus. Résultat concret les écoles risquent de perdre en qualité, les hôpitaux de voir leurs performances baisser. Et ce n’est pas tout. Depuis l’attaque du Hamas, des dizaines de milliers de réservistes sont mobilisés en continu. Ils ne travaillent pas. La production en pâtit. Une enquête récente montre que près d’un tiers des Israéliens ont vu leurs revenus baisser depuis le 7 octobre, surtout chez les indépendants et les travailleurs modestes. La pauvreté des enfants a même légèrement augmenté.
Pourtant, le Premier ministre Benjamin Netanyahu défend une autre vision. Il veut faire d’Israël une “super-Sparte”, une cité entièrement tournée vers la guerre et l’autonomie militaire. Il prévoit d’investir plus de 100 milliards d’euros sur dix ans dans l’industrie de défense nationale, pour garantir une “supériorité aérienne écrasante”. Mais des voix s’élèvent pour dire stop. Des responsables du budget mettent en garde contre une “économie du traumatisme” où l’armée, marquée par l’échec du 7 octobre, réclame toujours plus sans se soucier du niveau de vie. Si le budget de la Défense dépasse les 10% du PIB, préviennent des économistes, le pays risque de creuser encore plus les inégalités déjà très fortes. Un choix de société en somme entre la puissance militaire et la solidarité sociale.
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