Économie
Pour la BCE des banques géantes sont la meilleure protection
Le chef économiste de la Banque centrale européenne assure que des établissements transfrontaliers limiteraient les risques. Selon lui, un système trop…


Le chef économiste de la Banque centrale européenne assure que des établissements transfrontaliers limiteraient les risques. Selon lui, un système trop localisé fragilise l’ensemble du secteur.
Philip Lane ne mâche pas ses mots. Pour le haut responsable de la BCE, les banques trop collées à leur marché national représentent un vrai problème. Lors d’une conférence à Paris, il a clairement plaidé pour des géants bancaires européens. Son raisonnement est simple quand une banque reste dans son pays, elle dépend trop de la santé de cette seule économie. En revanche, une banque qui opère dans plusieurs pays peut mieux répartir les chocs. C’est ce qu’il appelle le partage des risques par les activités transfrontalières.
Cette prise de position n’est pas un hasard. Elle intervient alors que la banque italienne UniCredit tente de racheter l’allemande Commerzbank. L’offre publique d’achat hostile lancée en mai s’est terminée cette semaine. L’objectif à plus long terme est clair fusionner Commerzbank avec HypoVereinsbank, déjà détenue par UniCredit. Mais tout le monde ne peut pas jouer ce jeu. Lane le reconnaît les fusions ne sont pas la seule solution. Il existe d’autres moyens de réduire les coûts et les risques.
Justement, parler des coûts fixes, c’est son autre cheval de bataille. La cybersécurité coûte cher, très cher. Les petites banques peinent à suivre. Pourtant, elles peuvent s’en sortir en utilisant des prestataires de services mutualisés. Ces sociétés assurent la sécurité pour plusieurs établissements à la fois. Cela permet de diviser les frais sans perdre en efficacité. Au final, Lane prédit qu’il restera un nombre assez faible de très grandes banques en Europe.
Et les banques en ligne alors ? Leur arrivée bouscule les modèles traditionnels. Mais Lane tempère les craintes. Pour lui, les fondamentaux ne changent pas. Les banques historiques doivent réagir, bien sûr, et elles le font en copiant les offres numériques. Mais le chef économiste est clair il faut laisser les innovations technologiques se déployer et les apprécier. Les banques purement en ligne ont leur place, avec un modèle différent. Ce qui compte, c’est que tous les acteurs respectent les mêmes règles. Une fintech qui propose des services financiers doit se plier aux mêmes exigences que n’importe quelle banque liquidité, solvabilité, protection des clients. Peu importe le type d’organisation, la régulation reste la même.
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