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Bpifrance lance un fonds géant pour contrer les Américains sur le non-coté

La banque publique d’investissement dégaine Blue Sea, un nouveau fonds de plusieurs milliards d’euros destiné aux grandes entreprises françaises non…

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Bpifrance lance un fonds géant pour contrer les Américains sur le non-coté

La banque publique d’investissement dégaine Blue Sea, un nouveau fonds de plusieurs milliards d’euros destiné aux grandes entreprises françaises non cotées. Un moyen de combler un vide laissé par les acteurs locaux et de répondre aux critiques sur sa rentabilité.

Bpifrance ne veut pas laisser les fonds étrangers rafler la mise. Avec Blue Sea, son nouveau véhicule d’investissement dans le non-coté, elle compte lever entre 4 et 5 milliards d’euros auprès d’investisseurs du monde entier. Objectif : financer des entreprises françaises qui ont besoin de très gros tickets, plusieurs centaines de millions d’euros, pour grandir sans passer par la Bourse. Un segment où les Américains sont déjà très actifs, mais où les fonds hexagonaux sont quasi absents.

Le timing est stratégique. L’ancien fonds Lac1, dédié aux grandes sociétés cotées, arrive à son terme après avoir investi environ 5 milliards. Blue Sea prend le relais sur un marché jugé porteur. Pour José Gonzalo, le directeur exécutif en charge du capital développement, c’est une « faille de marché » à colmater. Et il compte sur des partenaires variés : des investisseurs du Moyen-Orient sont sur les rangs, mais il vise aussi des fonds nord-américains, européens, français et asiatiques. Preuve de l’ambition, il s’apprête à partir au Japon et en Corée du sud avec le patron Nicolas Dufourcq.

La banque publique se défend aussi d’être trop gourmande. Un rapport parlementaire de la députée LFI Aurélie Trouvé l’a accusée de privilégier le profit au détriment de sa mission d’intérêt général. Gonzalo ne nie pas l’importance du rendement : « Profit n’est pas un mot tabou, car si vous n’en faites pas, ça veut dire que vous perdez l’argent confié par les Français ». Mais il insiste sur les spécificités de son action : prises de participation dans des technologies pas encore rentables, investissements dans des PME qui ouvrent leur capital pour la première fois, soutien à des coopératives. Le fonds Blue Spring, par exemple, vient en aide à des petites sociétés cotées en perte de vitesse. « Ce ne sont pas les fonds spéculatifs qui feraient ça », lance-t-il. Bpifrance gère aujourd’hui 30 milliards d’euros d’actifs, siège dans tous les conseils d’administration des entreprises où elle investit, et a réalisé 2,5 milliards d’investissements en 2025 contre 3,2 milliards de cessions. De quoi accompagner des pépites comme l’intelligence artificielle Mistral, qui aura besoin de très gros montants pour poursuivre son expansion.

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