Économie
Des robots made in Europe luttent pour ne pas se faire écraser par la Chine
Au salon VivaTech, les start-up européennes de la robotique ont montré leurs plus beaux prototypes. Mais pour survivre face aux géants chinois, elles…


Au salon VivaTech, les start-up européennes de la robotique ont montré leurs plus beaux prototypes. Mais pour survivre face aux géants chinois, elles doivent inventer sans relâche et garder la main sur leur production.
Mirokai a des grandes oreilles orange et des yeux bleus qui clignent. Ce robot français, créé par Enchanted Tools, parle plus de cinquante langues. Il accueille déjà les visiteurs dans des hôpitaux et des aéroports. Ses premiers modèles commerciaux doivent arriver d’ici la fin de l’année. Mais derrière cette vitrine souriante, le combat est rude. La start-up parisienne fabrique 60% de son robot en Europe et veut garder ce cap. Problème certains composants essentiels comme les cartes graphiques Nvidia viennent des États-Unis. En Europe, ces savoir-faire n’existent tout simplement pas.
Pendant ce temps, la Chine avance à toute vitesse. En 2025, elle a produit 87% des 13 000 robots humanoïdes déployés dans le monde, selon le cabinet Omdia. Des entreprises comme Unitree ou Agibot ont fasciné les visiteurs de VivaTech avec leurs machines capables de danser en parfaite coordination. L’Europe a encore des talents, mais elle doit accélérer. Joern Buss, expert en robotique, reconnaît que le Vieux Continent rattrape son retard et possède de bons acteurs. Pourtant, la course est serrée.
La start-up allemande Neura Robotics a réussi une levée de fonds record en juin 2025 avec 1,4 milliard de dollars. Son patron David Reger reçoit des demandes de partout, même de dentistes qui ne trouvent plus de personnel. Pour lui, les robots représentent la dernière chance pour une Europe qui vieillit et manque de main-d’œuvre. Il déplore la lourdeur des réglementations européennes et la difficulté à trouver des financements comparables à ceux des États-Unis. Mais il refuse de quitter le continent. Son entreprise travaille avec Bosch et Schaeffler et son carnet de commandes dépasse déjà le milliard de dollars.
Du côté de Barcelone, la start-up PAL Robotics fabrique entièrement ses robots. Ses modèles Kangaroo et Tiago aident à la logistique et même à la récolte du raisin. Son directeur général Francesco Ferro insiste sur un point crucial. Ces robots apprennent en collectant des données en continu. Si toute la production part en Chine ou au Japon, ces données peuvent tomber entre de mauvaises mains. Pour lui, créer une chaîne de production totalement européenne est une question de souveraineté. Il ne faut pas seulement regarder les prix plus bas des robots chinois.
D’autres choisissent une stratégie différente. La start-up franco-américaine Genesis a dévoilé son premier robot Eno, fabriqué en Chine. Mais elle prévoit de rapatrier sa production en Europe dès 2027. Son cofondateur Théophile Gervet rappelle que le marché européen a une grosse base industrielle en France, en Italie et en Allemagne. Cela donne de l’espoir.
Richard Malterre d’Enchanted Tools résume l’état d’esprit. Il est confiant dans la capacité et la créativité des Européens à résister. Il faut être combatif et ne pas baisser les bras. Pour l’instant, les start-up du Vieux Continent avancent morceau par morceau. Elles savent que l’avenir de la robotique européenne se joue maintenant.
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