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La fin du blocus naval américain contre l’Iran ouvre une nouvelle donne au Moyen-Orient

Washington lève le bouclage des ports iraniens et laisse reprendre le trafic dans le détroit d’Ormuz. Un accord-cadre signé sous les ors de Versailles…

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La fin du blocus naval américain contre l’Iran ouvre une nouvelle donne au Moyen-Orient

Washington lève le bouclage des ports iraniens et laisse reprendre le trafic dans le détroit d’Ormuz. Un accord-cadre signé sous les ors de Versailles promet des négociations sur le nucléaire, mais les doutes restent nombreux.

Les premières images sont frappantes. Plus d’une douzaine de bateaux ont franchi le détroit d’Ormuz, ce verrou stratégique que l’Iran avait fermé depuis le début du conflit fin février. Le vice-président américain JD Vance l’a confirmé jeudi. Les forces américaines ont laissé passer les navires, respectant ainsi les engagements pris dans le protocole d’accord signé la veille. Un geste qui met fin à un blocus naval qui perturbait l’économie mondiale depuis des mois.

Cet accord, Donald Trump l’a signé depuis le château de Versailles, en France, tandis que son homologue iranien Massoud Pezeshkian paraphe le même texte à distance. Derrière la mise en scène, le fond reste fragile. Le protocole prévoit l’ouverture de négociations sur le programme nucléaire iranien, notamment le sort des stocks d’uranium hautement enrichi. Une méthode de dilution sous supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique est évoquée. Washington y voit une victoire majeure, mais les critiques fusent, même aux États-Unis. Fox News, la chaîne préférée du président, donne la parole à ceux qui jugent que le cadre offre à Téhéran d’énormes avantages financiers sans exiger le démantèlement de ses installations nucléaires.

Du côté iranien, le ton est triomphant. Le président Pezeshkian salue un document historique émanant d’un Iran puissant. Le principal négociateur, Mohammad Bagher Ghalibaf, parle d’un échec américain. Téhéran obtient la promesse d’un déblocage de ses avoirs gelés à l’étranger et la suspension des sanctions sur ses ventes de pétrole, dès l’entrée en vigueur du protocole. En contrepartie, les États-Unis s’engagent à faciliter, avec leurs partenaires régionaux du Golfe, un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction de l’Iran. Sans mise de fonds américaine directe. Le prix du baril de Brent reflue autour de 77 dollars, les marchés boursiers grimpent. Trump jubile sur son réseau Truth Social.

Mais la confiance reste mesurée sur le terrain. Une psychologue de Téhéran interrogée par l’AFP confie son scepticisme. Elle redoute que les hostilités reprennent après les 60 jours de négociation prévus. Israël, pour sa part, n’est pas partie prenante. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu prévient que le combat n’est pas terminé, tandis que son vice-président américain lui répond que le problème d’Israël n’est pas Donald Trump. Au Liban, les frappes israéliennes continuent contre le Hezbollah. Son chef, Naïm Kassem, voit dans l’accord une grande victoire pour l’Iran et appelle à en profiter pour expulser Israël du territoire libanais. Le président libanais Joseph Aoun assure que les négociations directes avec Israël restent indépendantes de cet accord. La route vers une paix durable semble encore longue.

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