Économie
Dix ans de start-up nation le grand écart des entrepreneurs français
Le pari d’Emmanuel Macron de faire de la France une start-up nation a changé la donne pour les jeunes pousses. Mais à l’approche de la présidentielle…


Le pari d’Emmanuel Macron de faire de la France une start-up nation a changé la donne pour les jeunes pousses. Mais à l’approche de la présidentielle, inquiétudes et espoirs s’entrechoquent.
Les allées de VivaTech respirent la confiance. Dix ans après la promesse d’Emmanuel Macron, l’image des start-up françaises s’est nettement améliorée. Maya Noël, directrice générale de France Digitale, résume le sentiment général. Selon elle, l’écosystème a réussi à bâtir un tissu d’entreprises innovantes et de fonds d’investissement en pleine expansion. Les chiffres lui donnent raison. D’après le cabinet EY, les montants investis dans les jeunes pousses hexagonales sont passés de 2,1 milliards d’euros en 2016 à 7,3 milliards en 2025. Une progression spectaculaire qui masque pourtant des fragilités.
Certains entrepreneurs restent plus réservés. Olivier Perroquin, patron d’AnozrWay, une start-up de cybersécurité, déplore une commande publique trop faible. Il reconnaît l’importance de Bpifrance, mais rappelle que cette banque existait bien avant l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Le président a hérité d’autres dispositifs comme la mission French Tech, le crédit d’impôt recherche ou le statut de jeune entreprise innovante. Son vrai apport, c’est d’avoir offert une tribune aux entrepreneurs. Le sommet Choose France et ses prises de parole ont mis les start-up sous les projecteurs. Une dynamique que le gouvernement a prolongée. La ministre déléguée au Numérique, Anne Le Hénanff, se décrit même comme la VRP de Mistral, le champion français de l’intelligence artificielle.
Malgré ces avancées, la France peine à rivaliser sur la scène mondiale. L’économiste Antonin Bergeaud, professeur à HEC Paris, pointe un déclin relatif en matière d’innovation. Les dépenses de recherche et développement stagnent à 2,2 % du PIB depuis 2010, tandis que l’Allemagne a grimpé à 3,1 % et les États-Unis à 3,4 %. Maya Noël le reconnaît. La croissance des start-up françaises est belle, mais elle reste moins rapide que celle de leurs concurrents extra-européens. Cette fragilité nourrit une inquiétude pour l’après-2027. Le PDG de la licorne Mirakl le dit clairement. Les start-up sont un signal avancé de la santé économique. Si l’envie d’entreprendre faiblit, ce sont les emplois et les investissements qui risquent de suivre. France Digitale a déjà pris les devants en discutant avec les équipes de campagne des candidats. Son message est simple. La stabilité est indispensable pour que la dynamique continue.
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