Économie
Ituri sous la menace d’Ebola un virus sans vaccin et une population hostile
L’épidémie de la souche Bundibugyo s’étend en RDC et en Ouganda sans aucun vaccin disponible. Les autorités sanitaires affrontent des groupes armés, la…


L’épidémie de la souche Bundibugyo s’étend en RDC et en Ouganda sans aucun vaccin disponible. Les autorités sanitaires affrontent des groupes armés, la méfiance des communautés et une détection tardive qui compliquent la riposte.
Mi-mai, la République démocratique du Congo a déclaré sa 17e épidémie d’Ebola. Mais cette fois, le coupable n’est pas le virus Zaïre, bien connu. C’est la souche Bundibugyo, plus discrète et surtout sans vaccin ni traitement spécifique. L’épicentre se trouve en Ituri, une province du nord-est minée par les violences de groupes armés et l’absence de l’État. Les premiers cas sont apparus dès mars, mais les tests locaux ne pouvaient pas détecter cette souche. Résultat l’alerte n’a été donnée qu’avec retard. Le 15 mai, l’OMS a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale, et l’Ouganda voisin a fermé sa frontière après un premier décès importé.
Le virus Bundibugyo pose un défi inédit. Il se manifeste d’abord par des symptômes proches du paludisme, sans signes hémorragiques immédiats. Les médecins ont été pris de court. Et sans vaccin, la riposte repose uniquement sur l’isolement des malades et le traçage des contacts. Mais en Ituri, ces mesures se heurtent à une défiance profonde. Des rumeurs de « maladie mystique » circulent. Des familles en colère viennent réclamer les corps de leurs proches décédés dans les hôpitaux. Les agents de santé eux-mêmes sont parfois pris pour cible. Dans ce climat, les équipes humanitaires peinent à organiser la riposte. L’ONG Médecins sans frontières estime que les bilans officiels ne reflètent qu’une partie de la réalité.
Fin mai, le bilan officiel dépassait 200 morts pour près de 900 cas suspects. L’épidémie s’est étendue à trois provinces congolaises et à l’Ouganda. Les États-Unis ont imposé des restrictions de visa, mais les pays européens ont refusé de suivre. L’Africa CDC promet un vaccin d’ici la fin de l’année, mais en attendant, les soignants avancent à l’aveugle. Le chef de l’OMS s’est rendu sur place en assurant qu’il était possible « d’arrêter cette chose ». Mais la réalité du terrain est plus complexe. Entre l’insécurité, l’absence d’État et un virus sans parade médicale, l’épidémie pourrait durer des mois. Et personne ne connaît encore sa véritable ampleur.
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