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Pour 700 euros, elle transporte 2,5 kg de drogue dans un sac isotherme

Une étudiante paniquée au volant, un contrôle qui dérape et des aveux immédiats. Son histoire montre comment les réseaux de trafiquants exploitent les…

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Pour 700 euros, elle transporte 2,5 kg de drogue dans un sac isotherme

Une étudiante paniquée au volant, un contrôle qui dérape et des aveux immédiats. Son histoire montre comment les réseaux de trafiquants exploitent les plus précaires pour faire passer la drogue sans se faire repérer.

Elle sort de l’autoroute A29 dans la Somme. Sa 207 blanche file trop vite. Son visage est crispé, ses mains tremblent sur le volant. Les douaniers le voient tout de suite. Ils décident de la contrôler. À peine les premières questions posées, la jeune femme craque. Elle avoue tout. Dans le sac isotherme posé sur le siège passager, bien visible, se trouvent six pains d’héroïne et un petit sachet de cocaïne. Environ deux kilos et demi de stupéfiants. Elle a 21 ans, elle est inconnue de la justice, elle vit avec de faibles revenus. Une organisation criminelle lui a tendu un piège classique : elle a contracté une dette, et on lui a promis 700 euros pour transporter la drogue de Roubaix jusqu’au Havre. Une misère, face aux risques encourus.

Ce cas n’a rien d’isolé. Les trafiquants ciblent ceux qui ont peu de choix. Étudiants, retraités précaires, demandeurs d’emploi, mères célibataires. Des profils de Monsieur et Madame Tout-le-Monde, prêts à arrondir leurs fins de mois. Parfois ce sont des toxicomanes endettés ou des jeunes sans casier judiciaire, qui ne connaissent rien du réseau. Un avantage énorme pour les criminels. Quand ces petites mains se font prendre, elles n’ont personne à dénoncer. Le recrutement se fait en ligne, avec des pseudos, sans jamais rencontrer les donneurs d’ordre. Impossible de remonter la filière.

Les méthodes de transport ont aussi changé. Fini le temps des grosses cylindrées lancées à toute vitesse sur l’autoroute, les fameux « go fast ». Aujourd’hui, les trafiquants misent sur la discrétion. Ils utilisent des voitures banales, des utilitaires, des camionnettes. Des véhicules qui passent inaperçus dans le flot de la circulation. Au volant, des conducteurs qui essaient de se faire oublier. Mais le stress les trahit parfois. Un regard fuyant, une goutte de sueur en plein hiver, un rictus nerveux. Les douaniers et gendarmes sont formés à repérer ces signes. Ils racontent d’autres histoires : une étudiante de Sciences Po Paris interpellée sur un péage avec une grosse quantité de drogue pour payer ses études. Un jeune à scooter qui roule sans casque, trop vite, et qui transporte 25 kilos de cocaïne. Une autre jeune femme, au chômage, qui livre de la drogue à Paris et que l’odeur de cannabis sur ses vêtements trahit. Elle a été condamnée à dix mois de prison ferme sous bracelet électronique. Son avocate l’a résumé : elle cherchait l’argent facile pour aider sa famille, comme beaucoup d’autres à notre époque. Un constat amer.

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