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Paris suffoque mais invente ses propres refuges

La France vient de vivre sa nuit la plus chaude jamais enregistrée. Face à des températures qui frôlent les 40°C, les Parisiens rivalisent d’ingéniosité…

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Paris suffoque mais invente ses propres refuges

La France vient de vivre sa nuit la plus chaude jamais enregistrée. Face à des températures qui frôlent les 40°C, les Parisiens rivalisent d’ingéniosité pour tenir le coup.

Dans le métro, Élisa attache ses cheveux en chignon une bonne heure plus tôt que d’habitude. Cette cheffe de projet en publicité n’a même pas de ventilateur chez elle. Alors elle prend la ligne 1 à l’aube, quand les rames sont encore supportables. « Dans une heure, ce sera blindé et trop chaud. Je vais me mettre sous la clim du bureau », explique-t-elle. Comme elle, beaucoup avancent leur réveil pour profiter des quelques degrés de répit. Sur les trottoirs, les corps ralentis cherchent l’ombre, éventails et feuilles de papier à la main. Un Américain de 44 ans, Mark, s’est levé à 6h30 pour courir le long de la Seine. « C’était ma seule fenêtre de tir », dit ce consultant qui a recouvert ses fenêtres de papier aluminium chez lui. Chaque été, il souffre un peu plus.

Les stratégies pour trouver un peu de fraîcheur deviennent parfois surprenantes. Nathalie, 29 ans, interprète en langue des signes, erre dans Paris depuis 5h du matin parce que son ventilateur est tombé en panne. Elle entre dans l’église de Saint-Germain-des-Prés « juste pour se rafraîchir ». Sur les réseaux sociaux, elle a repéré une astuce pour l’après-midi passer quelques heures chez Picard, le magasin de surgelés. Robert, un touriste allemand, a carrément changé ses plans de vacances. Devant la file d’attente du Louvre sous un soleil de plomb, il renonce à la visite. « Il paraît que ce n’est pas frais à l’intérieur », justifie-t-il. Pour d’autres, impossible de déroger au programme. Un jeune marié japonais, en costume-cravate noir, pose en plein soleil avec sa femme au Palais-Royal. « Je souffre, mais on n’est là que deux jours pour notre lune de miel », souffle-t-il.

Dans les quartiers moins touristiques, la canicule bouscule même les codes vestimentaires de la capitale de la mode. Des Parisiens arpentent les rues en claquettes et maillot de bain, comme à la plage. Les pelouses des jardins publics se transforment en plages de sable vert. Olga, une Biélorusse de 43 ans, rigole d’elle-même en deux pièces noir sur l’herbe près de la Gare du Nord. « Je viens de dire à une copine à l’étranger que je me balade en maillot dans le Xe arrondissement. » Le soir, des milliers de jeunes investissent les quais du canal Saint-Martin, où la baignade est autorisée depuis une semaine. Lucas, 28 ans, coach sportif, sort de l’eau parmi les bouées licorne. Chez lui sous les combles, le thermomètre affiche 45 degrés. « C’est de la survie de venir là », assure-t-il. Le canal devient un lieu de rassemblement pour tous, jeunes, travailleurs, Français ou étrangers. Après la tombée de la nuit, beaucoup prévoient de dormir dans les parcs ouverts jusqu’à l’aube, en attendant que la chaleur veuille bien lâcher prise.

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